Un coup dans le dos

Jeudi 11 avril, la police britannique a arrêté le fondateur du site lanceur d’alertes WikiLeaks. Dans la foulée, il a été reconnu coupable par la justice britannique d’avoir violé les conditions de sa liberté provisoire.  Pour l’interpeller, elle a pénétré dans l’ambassade d’Équateur à Londres, ce pays ayant décidé de mettre fin au statut d’asile dont il bénéficiait.

 

Agé de 47 ans, le fondateur de Wikileaks était réfugié à l’ambassade d’Equateur depuis sept ans. Les Etats-Unis, qui l’accusent d’avoir piraté un ordinateur contenant des secrets militaires, demandent son extradition. Recherché, également, par la Suède pour des délits sexuels qu’il nie, il avait, en 2012, rompu la liberté conditionnelle, que lui avait accordée la justice britannique et demandé l’asile à l’Equateur. Les procureurs suédois ont classé sans suite leur enquête, mais Assange, craignant une extradition vers les Etats-Unis, n’a pas quitté l’ambassade, il reçoit la nationalité équatorienne en 2018. Cependant, le nouveau président du pays, Lenin Moreno, le considérant comme une gêne pour ses relations diplomatiques, a fini par le livrer.

 

Assange a fondé Wikileaks en 2006. Le principe : tout lanceur d’alerte peut, via un canal crypté sans risque d’être identifié, adresser au site des documents confidentiels. En 2008, Wikileaks a publié une vidéo de 2007 montrant des hélicoptères américains en Irak ciblant par erreur des civils (12 morts dont 2 journalistes de Reuters). En 2019, en collaboration avec « Le Monde », « The New York Times », « The Guardian »…, il a rendu public des milliers de câbles diplomatiques américains classifiés.

 

Les e-mails de la candidate Hillary Clinton, publiés par Wikileaks pendant la campagne présidentielle de 2016, auraient été fournis par un hacker russe. Julian Assange est alors accusé d’avoir des liens avec les services de Poutine, ce qu’il nie farouchement. Depuis quelques années, son site vise particulièrement les Etats-Unis, mais il a aussi publié des documents embarrassants sur la Russie.

 

En juillet 2015, l’ancien président français a refusé une demande d’asile d’Assange. Wikileaks venait de révéler comment les Américains avaient espionné directement Hollande et ses deux prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac. En Tunisie, de nombreux câbles ont divulgué plusieurs informations sur les exactions de la fratrie Ben Ali.

Le fondateur de Wikileaks est actuellement incarcéré dans une prison londonienne. C’est depuis cette prison que sera organisée, cette semaine, par vidéoconférence, la première audience concernant sa demande d’extradition vers les Etats-Unis. Affaire à suivre.

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