WEST HOLLYWOOD, CALIFORNIA - SEPTEMBER 29: People sit and watch a broadcast of the first debate between President Donald Trump and Democratic presidential nominee Joe Biden with socially distanced outdoor seating at The Abbey on September 29, 2020 in West Hollywood, California. The debate being held in Cleveland, Ohio is the first of three scheduled debates between Trump and Biden. Mario Tama/Getty Images/AFP == FOR NEWSPAPERS, INTERNET, TELCOS & TELEVISION USE ONLY ==

PRESIDENTIELLES AMERICAINES : JOE BIDEN RESISTE AUX ATTAQUES DE DONALD TRUMP LORS DE LEUR PREMIER DEBAT

Courrier tunisien – 30 Septembre 2020 – 08:25 –
Photo: des spectateurs regardent le débat entre Donald Trump et Joe Biden le 29 septembre, sur une terrasse de West Hollywood en Californie. MARIO TAMA / AFP
Régulièrement interrompu par le président qui cherchait l’affrontement direct, Biden a systématiquement refusé d’entrer dans le jeu de son adversaire en ne parlant de lui qu’à la troisième personne, regardant plutôt la caméra et les téléspectateurs que son opposant républicain.
Biden a tenu tête à Trump. Le premier débat entre les deux candidats à la présidence américaine était avant tout un test pour le démocrate. Surnommé par Trump Joe l’Endormi, décrit comme à moitié sénile, ou bien tombé sous la coupe de l’aile radicale du parti démocrate, Biden devait prouver qu’il était capable de se mesurer avec son redoutable adversaire.
Pendant plus d’une heure et demie d’un débat chaotique et particulièrement vindicatif, l’ancien vice-président d’Obama s’est montré en pleine possession de ses moyens, capable de résister aux attaques de Trump, et même de le placer sur la défensive à plusieurs reprises. Sa méthode a été manifestement préparée.
« Il ne sait pas de quoi il parle »
Régulièrement interrompu par Trump, Biden a systématiquement refusé d’entrer dans le jeu de son adversaire. Le président américain a cherché l’affrontement direct : tourné vers Biden, index pointé, s’adressant directement à lui par son prénom, Trump a lancé toutes les attaques possibles. Au lieu de lui répondre directement, Biden n’a le plus souvent parlé de Trump qu’à la troisième personne, regardant plutôt la caméra et les téléspectateurs que le président, levant les yeux au ciel ou riant franchement aux attaques ou aux moments d’autosatisfaction de Trump.
Biden n’a pas retenu pour autant ses coups. « Tu ne veux pas la fermer, mec ? », a-t-il lâché, agacé par les interruptions de Trump. « Impossible d’en placer une avec ce clown », a aussi dit l’ancien vice-président.
L’air fermé, mécontent, Trump n’a pas cessé de couper la parole de son adversaire, se faisant régulièrement reprendre par Chris Wallace, le modérateur, présentateur sur la chaîne de télévision conservatrice Fox News.
La pandémie de Covid-19 a été évoquée dès le début du débat. « Il n’a pas de plan, il ne sait pas de quoi il parle », rétorque Biden quand Trump célèbre la réaction de son administration à la crise sanitaire. « On a eu 200.000 morts… Il savait que la crise était sérieuse et le virus mortel, et il dit qu’il n’a pas voulu déclencher de panique ? C’est lui qui a paniqué ».
« Vous croyez vraiment ce qu’il est en train de vous dire ? », demande Biden aux téléspectateurs quand Trump annonce son vaccin.
Quand Trump accuse Biden de vouloir reconfiner les Américains en raison de la reprise de la pandémie, Biden ne se laisse pas démonter. « Comment ça se passe pour vous, les amis », demande le démocrate à la caméra, « ce type paye 750 dollars d’impôts, et va être le premier président à quitter le pouvoir en laissant moins d’emplois qu’il n’en a trouvé à son entrée en fonction. On ne peut pas relancer l’économie sans enrayer la pandémie ».
Le candidat démocrate a aussi attaqué Trump sur ses déclarations d’impôts, que le président a refusé obstinément de rendre publiques : «Montrez-nous vos feuilles d’impôts ! »
Le démocrate se tourne cependant vers Trump à certains moments, comme lorsqu’il est attaqué sur son fils, Hunter Biden, accusé d’avoir utilisé son nom pour siéger dans le conseil d’administration d’une société gazière ukrainienne. « Vous êtes le pire président que l’Amérique ait jamais eu », lui lance Biden. Mais il se reprend vite. « Parlons plutôt de votre famille », dit le démocrate à la caméra, « vous, le peuple américain ».
Trump n’a pas manqué d’évoquer l’attitude ambiguë des démocrates face aux émeutes violentes qui ont éclaté ces derniers mois sous le prétexte de protester contre le racisme. « Les habitants de ce pays veulent la loi et l’ordre », a dit Trump. « Mon Dieu, c’est ridicule », a rétorqué Biden, « les gens veulent la loi et l’ordre avec la justice, quand ils sont traités avec équité…. La violence doit être punie ».
Tonalités inquiétantes
« Vous ne savez rien des banlieues sauf quand vous vous trompez de route », a aussi attaqué Biden. « Nous ne sommes plus dans les années 1950 ».
Le débat s’est terminé sur des tonalités inquiétantes. Trump a relancé ses allégations selon lesquelles les démocrates prépareraient une fraude électorale massive en incitant à voter par correspondance, et a refusé d’appeler au calme ses partisans, ou de condamner les groupes violents d’extrême droite. « Le problème est avant tout celui de l’extrême gauche et des antifas », a esquivé Trump.
« Votez, votez, votez ! », a conclu Biden en s’adressant aux électeurs. « Vous avez la possibilité de prendre le contrôle, vous pouvez changer la direction dans laquelle va ce pays, ou bien avoir quatre ans de mensonges en plus ».
« Ça ne va pas bien se terminer », a lancé Trump à la fin du débat. « J’appelle mes partisans à aller dans les bureaux de vote et à surveiller ce qui va se passer. »
Trump et Biden ne se sont pas serré la main à la fin du débat, en raison des règles prophylactiques en vigueur. Mais rien n’indiquait qu’ils aient eu l’intention de manifester le moindre signe de courtoisie même s’ils avaient pu le faire.
Il est peu probable que les électeurs de Trump aient pu avoir le moindre doute sur leur candidat, malgré une prestation peu convaincante. Ceux de Biden ont en revanche eu la confirmation que le démocrate était capable de se mesurer à son redoutable adversaire, et même à le mettre sur la défensive. Il lui restera à confirmer cette impression au cours des prochaines rencontres.
Par Adrien Jaulmes

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