MISSILES JAVELIN ET ATTERRISSAGE FORCE D’UN AVION DE CHASSE

Le ministre de la défense nationale, Abdelkarim Zbidi a été auditionné, lundi 22 juillet matin, à l’ARP, par les membres de la commission de la sécurité et de la défense. Cette audition, vu les détails qui ont été abordés, a du se dérouler à huis clos.
Or, que ne fut la surprise générale de voir affichés sur les colonnes de certains médias, les propos du ministre de la défense, en réponse aux questions des députés. Et spécialement, en rapport avec l’affaire de l’avion de chasse libyen Libye et des missiles français découverts sur une base rebelle pro-Haftar. Deux affaires qui nous concernent de très prés.

1- Les missiles ?

Tripoli, le 29 juin. Des forces loyalistes exposent des missiles Javelin  récupérés – AFP

Des missiles découverts fin juin en Libye appartiennent à la France. Le ministère des Armées a confirmé ce mercredi 10 juillet cette information du «New York Times» diffusée mardi.
Il s’agit de missiles américains découverts par les forces loyales au gouvernement d’union nationale (GNA). Ils ont été trouvés sur une base des combattants rivaux du maréchal Haftar. Ils sont cependant hors d’usage et devaient être détruits.
«Les missiles Javelin trouvés à Gharian appartiennent effectivement aux armées françaises, qui les avaient achetés aux Etats-Unis», a reconnu Paris. Ces missiles anti-chars de type Javelin étaient sur une base de Khalifa Haftar, alors que la Libye est soumise par l’ONU (Organisation des Nations unies) à un embargo sur les armes.
Destinés au contre-terrorisme français
«Ces armes étaient destinées à l’autoprotection d’un détachement français déployé à des fins de renseignement en matière de contre-terrorisme», affirme le ministère des Armées, qui confirme ainsi la présence de forces françaises sur le territoire libyen. Elles «n’ont pas été transférées à des forces locales», assure Paris, qui se défend de les avoir fournies aux troupes du maréchal Haftar. Mais la capitale française n’explique pas pour autant comment elles ont fini entre leurs mains.
Ces armes étaient «détenues par nos forces pour leur propre sécurité» et «il n’a jamais été question ni de vendre, ni de céder ni de prêter ou de transférer ces munitions à quiconque en Libye», insiste le ministère des Armées.
260 Javelin achetés aux Etats-Unis
L’ONU a renouvelé en juin pour un an une opération européenne chargée du contrôle de l’embargo sur les armes pour la Libye, où des livraisons d’armements sont signalées depuis deux mois. Ces missiles Javelin ont été dans un premier temps soupçonnés d’appartenir aux Emirats arabes unis, ce que ces derniers ont fermement démenti.
Le «New York Times» évoque un total de quatre missiles d’un montant de 170 000 $ l’unité (environ 150 000 €). En 2010, la France en a acheté 260 aux Etats-Unis. Leur découverte est intervenue après la chute de la ville de Gharian, reprise en juin à Haftar par les forces loyalistes.

2- L’avion de chasse ?

D’après Tunisie numérique, le ministre de la Défense nationale, Abdelkrim Zbidi a déclaré, lundi 22 juillet 2019, que l’avion militaire libyen qui a atterri aujourd’hui à Médenine, transporterait un colonel du gouvernement d’union nationale et serait venu pour échapper au conflit autour de l’aéroport libyen de la base d’Al Watiya, situé à 70 km de la frontière libyenne, source de litige entre les parties libyennes.
Lorsqu’il a senti que le kérosène s’est épuisé, il s’est enfui en Tunisie et a atterri sur une route goudronnée, a indiqué Zbidi, précisant que l’avion volait à très basse altitude, à environ 500 mètres.
Toujours d’après Tunisie numérique, Les équipes spéciales du génie militaires se sont affairées, ce lundi après midi, à désarmer, puis à désactiver les missiles que portait sous ses ailes l’avion de chasse libyen qui avait effectué un atterrissage de fortune sur une route de campagne près de Médenine.
Il s’est avéré que l’avion portait quatre missiles armés, ce qui confirme que l’avion était en mission de combat quand il a eu la panne de ses instruments de navigation qui a réussi à s’infiltrer dans l’espace aérien tunisien et à atterrir en rase campagne.
D’après Réalités, le mystère plane encore au sujet de l’avion de chasse libyen qui a atterri à Beni Ghezaiel, relevant du gouvernorat de Médenine. Plusieurs versions ont filtré. Il s’agirait, selon certaines rumeurs, d’un avion appartenant à l’armée du Maréchal Khelifa Haftar. Le pilote aurait, selon d’autres fuites, manqué de kérosène, ce qui l’a obligé à atterrir en urgence.
D’après d’autres sources, dont l’agence TAP, le pilote de l’avion est désormais entre les mains de la Garde Nationale. Un important dispositif sécuritaire a été mis en place aux alentours. Pour sa part, l’Armée Nationale est en train d’examiner l’appareil. Ce dernier contiendrait plusieurs missiles.
S’agirait-il d’une fuite de la part du pilote ? Et comment, ce dernier, a-t-il pu pénétrer dans l’espace aérien tunisien sans être repéré ?
De son côté, RFI a précisé que  l’avion militaire, un L-39, appartient bien à l’Armée nationale libyenne, dirigée par le maréchal Haftar. RFI précise encore qu’en effet, dans la matinée de lundi, des sources proches de l’Armée nationale libyenne (ANL) avaient affirmé que l’avion et son pilote appartenaient au Gouvernement d’union nationale basé à Tripoli. Selon elles, l’avion, qui a dû atterrir en urgence, était parti de la base située au collège militaire d’aviation à Misrata, tout en affirmant que le pilote avait fait défection.
Cependant, Tripoli avait nié cette information et affirmait que tous ses avions L-39 Albatros étaient revenus sur leur base. Cet avion, fabriqué en Tchécoslovaquie et destiné à former des pilotes, a été développé en Libye pour qu’il puisse porter des missiles et mener des frappes.
Le suspense autour de l’appartenance de l’avion perdurait et la Tunisie ne livrait ni l’identité du pilote ni son appartenance. Le Gouvernement d’union nationale avait alors demandé à Tunis de lui livrer l’avion et son capitaine, ce qui avait semé à nouveau le doute sur l’appartenance de l’avion.
Dans l’après-midi, l’ANL finit par annoncer que cet avion lui appartient et dévoile le nom du pilote. Le communiqué des autorités de l’Est précise que l’appareil était en mission de reconnaissance avant de rencontrer des problèmes techniques liés au système de positionnement géographique.
SOURCES : LE PARISIEN – RFI –- RÉALITÉS –  SLT- TUNISIE NUMÉRIQUE

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