SITUATION DIFFICILE

Le mercredi 17 juillet devant les députés de l’Assemblée des Représentants du Peuple, le ministre des Finances, Ridha Chalghoum, a affirmé que l’État tunisien dépense quotidiennement 119 millions de dinars dont notamment :

– 47 millions de dinars en salaires,

– 13 millions de dinars en subventions,

– 9 millions de dinars en transferts sociaux,

– 17 millions de dinars en investissement public.

On constate en lisant ces chiffres que la plus grande part de ces montants est orientée vers les  dépenses de fonctionnement au dépens de ceux relatifs à l’investissement. Invité donc par l’ARP pour s’expliquer sur les prêts contractés dernièrement par l’Etat, le ministre a précisé que « l’on emprunte parce que le budget de l’État l’impose… ». L’Etat emprunte ainsi pour rembourser ses dettes et faire face à son train de vie. Cercle vicieux.

D’un autre côté, l’augmentation des avoirs nets en devises auprès de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) annoncée dernièrement par son gouverneur n’est pas en réalité une aussi bonne nouvelle. En effet, les chiffres déclarés ne reflètent pas la réalité des réserves qui permettront au pays de tenir ses engagements. Ces réserves sont alimentées par des crédits nécessaires pour financer les importations et rembourser les crédits précédents ainsi que le service de la dette. Jusqu’au 15 juillet 2019, nos réserves en devises s’élevaient à 16,3 milliards de dinars, permettant de couvrir 91 jours d’importations, sachant que cette augmentation a eu lieu rapidement. En effet, ces réserves valaient 80 jours seulement samedi 13 juillet 2019. A titre de repère, elles étaient à 140 jours en 2010.

Le 17 juillet, le président de la délégation du FMI en Tunisie Bjorn Rother a affirmé, lors de la présentation du dernier rapport  du Fonds Monétaire International sur la 5ème revue des réformes économiques dans notre pays, prévoir en 2019 deux difficultés majeures pour l’économie locale, «une croissance ralentie qui nécessite plus de réformes» et l’appréciation du dinar tunisien. «La croissance sera très probablement autour de 2% au plus, reflétant notamment la performance décevante de l’industrie dans les derniers mois». Il a également précisé que le pays a besoin de réels leviers pour produire de la valeur ajoutée, pour soutenir ses exportations et pour améliorer ses rentrées en devises.  En d’autres termes, nous ne travaillons pas assez.

Lotfi Ben Ouhida

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