« BLACK FRIDAY » OU PAS « BLACK FRIDAY »

Courrier tunisien – Par la Rédaction – 02 Décembre 2019 –
La pratique du Black Friday vient des Etats-Unis. C’est le lendemain du Thanksgiving, journée d’actions de grâce chez les catholiques qui sont censés remercier Dieu, en particulier par des offrandes. On voit ce que le capitalisme en a fait de par le monde … « Une frénésie de dépenses ».
 Quand la marchandise commande l’humain
Aux Etats-Unis, cette mode de « Black Friday » marque traditionnellement le début des achats de Noël avec notamment des soldes très importantes dans les magasins qui ouvrent leur porte dès le petit matin. A titre d’exemple, le vendredi dernier 28 novembre, cette tradition a pris une tournure tragique dans un magasin Wal-Mart de Long Island, dans l’État de New York. Un employé, qui venait d’ouvrir les portes pour laisser entrer une foule impatiente, a été écrasé par les acheteurs qui se ruaient sur les produits. L’homme, âgé de 34 ans, est mort de ses blessures. Quatre personnes, au moins, dont une femme enceinte, ont été hospitalisées lors de cet incident. D’autres employés du magasin ont également été blessés alors qu’ils tentaient de venir en aide à leur collègue. On a également affirmé que les clients s’étaient comportés « comme des sauvages ». « Quand on leur a dit qu’ils devaient partir parce qu’un employé avait été tué, ils ont commencé à crier : “ça fait une journée que je fais la queue”. Et ils ont continué à acheter ».
Un enjeu économique
Plus près de chez nous, les Français sont censés, durant  le week-end de ce « Black Friday », du 23 au 25 novembre, dépenser plus 5,7 milliards d’euros.
Au départ, en France toujours, le « Black Friday », vendredi 23 novembre, et le « Cyber Monday », lundi 26 novembre, deux opérations promotionnelles « solidement » donc importées des Etats-Unis, se tenaient sur une très courte période, uniquement sur Internet et concernaient quasi exclusivement des produits high-tech. Mais, au fil du temps, ce qui devait durer un week-end s’est étendu sur une… semaine.
Tous les distributeurs et commerçants, qu’ils soient en ligne ou non, ont, depuis le début de la semaine, lundi 19 novembre, lancé de vastes campagnes à « prix cassés » et autres « ventes flash ». Même certains cinémas ou banques affichent des tarifs spécifiques. Pratiqué par 3 % des commerçants parisiens en 2015, le « Black Friday » était mis en avant par 44 % des enseignes en 2017, selon le Centre régional d’observation du commerce, de l’industrie et des services (Crocis).
Certains se questionnent si à force de se développer, le concept ne risquerait-t-il pas d’écœurer le consommateur, pris, tout au long de l’année, dans un tourbillon constant de promotions ? Le « Black Friday » intervient quelques semaines seulement après les « French Days », une nouvelle opération commerciale montée par six grands e-marchands français (Boulanger, Cdiscount, Fnac Darty, La Redoute, Rue du Commerce et Showroomprive), rejoints par quatre-vingts enseignes sur Internet. En Europe aussi, le règne de l’hyperconsommation bat ainsi son plein dans la distribution.
Un comportement différent au Sud
Plus au Sud et plus précisément chez nous, la frénésie n’est pas identique. Nos concitoyens, difficultés de la vie obligent, sont astreints  pour la plupart de maîtriser leur consommation, et Black Friday ou pas Black Friday, le rythme de la vie est le même.  Par contre, si on s’aligne sur les associations occidentales de défense de l’environnement nous sommes autant concernés par les dégâts environnementaux de cette frénésie commerciale planétaire. Mais il faut le dire, le Tunisien, en cette période de fin d’année,  a vraiment d’autres « chats à fouetter » et les promotions peuvent attendre longtemps. Pour des raisons culturelles certes mais surtout pour des raisons de moyens !

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