FRANCE – COVID 19 : COMMENT L’EPIDEMIE A EXPLOSE EN MOINS D’UN MOIS

Courrier tunisien – 27 Octobre 2020 – 14:51 –

Encore peu actif début octobre, le virus progresse de manière exponentielle. En quelques semaines seulement, le taux d’incidence a plus que triplé.

L’épidémie de Covid-19 est-elle en train de déraper ? Le président du conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, le reconnaît sur RTL : « On avait prévu qu’il y aurait cette deuxième vague […], mais nous-mêmes sommes surpris par la brutalité de ce qui est en train de se passer depuis quinze jours. » D’ici mercredi 28 octobre, l’exécutif doit annoncer un durcissement des mesures pour tenter de reprendre le contrôle, qui pourrait aller d’un allongement du couvre-feu à un nouveau confinement.

Mis en place il y a près d’une semaine et demie dans huit métropoles et l’Île-de-France, puis élargi à 54 départements le week-end dernier, le couvre-feu devait permettre de ralentir la progression de l’épidémie. Ses premiers effets devaient être mesurés dans les prochains jours, mais face à une telle envolée des cas, la mesure est insuffisante aux yeux de nombreux médecins, qui appellent à un reconfinement.

Le virus s’étend autour des métropoles

La carte du taux d’incidence (le nombre de cas pour 100 000 habitants sur sept jours) par commune, partagée par Santé publique France, permet de visionner cette explosion éclair de l’épidémie. Plus une commune est foncée, plus le taux d’incidence y est élevé. Le 2 octobre, on voit que le virus circule surtout dans les métropoles. LyonToulouseParisSaint-Étienne, Grenoble, Lille… Les villes qui seront les premières soumises au couvre-feu deux semaines plus tard affichent les taux d’incidence les plus élevés, mais ils sont rarement supérieurs au seuil d’alerte, fixé à 250.

Début octobre, les regards sont encore tournés vers la métropole d’Aix-Marseille, placée en alerte maximale une semaine plus tôt, ce qui avait entraîné la fermeture des bars et des restaurants. Mais hors des centres urbains, le virus circule beaucoup moins. Il semble presque absent dans la « diagonale du vide », la Bretagne ou les Alpes-de-Haute-Provence.

En à peine deux semaines, la situation se dégrade nettement. Le 16 octobre, à la veille de l’entrée en vigueur du couvre-feu dans huit métropoles et l’Île-de-France, le Sars-CoV-2 circule beaucoup plus activement sur le territoire. Les zones plutôt rurales, jusqu’alors préservées, voient leur taux d’incidence augmenter, et la région Auvergne-Rhône-Alpes apparaît comme le nouvel épicentre de l’épidémie. Le nombre de contaminations explose autour de Lyon, Saint-Étienne et Grenoble. Dans ces trois villes, il dépasse les 500, soit au moins deux fois le seuil d’alerte. Mercredi 21 octobre, 64,6 % des lits de réanimation de la région sont occupés, contre 55,6 % en début de semaine.

+ 50 % de cas en une semaine

Le 16 octobre, le taux d’incidence moyen dans le pays est de 246 nouveaux cas pour 100 000 habitants sur sept jours. Le 23 octobre, il est passé à 356. En sept jours seulement, il a bondi de près de 50 %. Dans une partie de l’Ain et de l’Isère, mais aussi dans quasiment toutes les communes de la Loire et du Rhône, le taux d’incidence dépasse les 500. Certaines villes, dont Saint-Étienne, ont enregistré plus de 1 000 cas pour 100 000 habitants en une semaine. En Auvergne-Rhône-Alpes comme dans le reste du pays, les zones rurales ne sont plus épargnées.

Les données centrées sur les métropoles montrent elles aussi une nette dégradation de la situation en à peine une semaine. Entre le 18 et le 23 octobre, le taux d’incidence a augmenté dans toutes les grandes agglomérations, de 17 % dans le Grand Paris et de plus de 100 % à Strasbourg et Metz. En première ligne au printemps dernier, mais plutôt épargné par la deuxième vague jusqu’ici, le Grand Est a fini par être rattrapé.

Dimanche 25 octobre, plus de 52 000 contaminations ont été détectées en 24 heures, un record. Mais un chiffre très probablement sous-estimé, selon les spécialistes. Le conseil scientifique estime plutôt à 100 000 le nombre de personnes contaminées chaque jour. Avec une telle dynamique, un durcissement des mesures semble inévitable.

 Par Thibaut Déléaz

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