FRANCE : UN PROFESSEUR DECAPITE DANS LES YVELYNES

Courrier tunisien – 16 Octobre 2020 – 21:47 –
De sources policières, la victime est un professeur qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet. Le suspect a ensuite été abattu par la police.
Le corps d’un homme a été retrouvé décapité ce vendredi en fin d’après-midi à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Les faits se sont déroulés vers 17 heures, près d’un établissement scolaire, a-t-on ajouté par ailleurs de source policière. La victime serait un professeur d’histoire ayant montré les caricatures de Mahomet en classe.
Les policiers de la BAC Conflans-Sainte-Honorine ont été appelés pour un individu suspect rôdant autour d’un établissement scolaire, selon cette source. Sur place, à Éragny, les policiers ont découvert la victime, et 200 mètres plus loin, ils ont tenté d’interpeller un homme armé d’une arme blanche qui les menaçait et ont fait feu sur lui. L’agresseur a crié « Allah Akbar » avant d’être tué par les forces de l’ordre, a-t-on appris de source proche de l’enquête. Un périmètre de sécurité a été installé et le service de déminage, appelé, en raison d’une suspicion de gilet explosif.
Les enquêteurs s’intéressent à un message posté sur Twitter par un compte désormais fermé et qui montre notamment une photo de la tête de la victime. Ils cherchent à savoir si elle a été postée par l’agresseur ou une autre personne. Sous cette photo, un message menace Emmanuel Macron, « le dirigeant des infidèles », et son auteur assure vouloir venger celui « qui a osé rabaisser Muhammad« .
Le Parquet national antiterroriste saisi
Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, en déplacement au Maroc, a décidé de rentrer immédiatement à Paris. Depuis Rabat, il s’est entretenu avec le Premier ministre, Jean Castex, et le président, Emmanuel Macron, a-t-on précisé dans son entourage. Emmanuel Macron s’est rendu vendredi soir sur place. Le chef de l’Etat est accompagné du ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, et de la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa.
Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, le rejoindra dans la soirée. Auparavant, Emmanuel Macron s’est rendu à la cellule de crise mise en place au ministère de l’Intérieur, où il a été rejoint par le Premier ministre, Jean Castex. Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, s’y trouvait également. « C’est la République qui est attaquée » avec « l’assassinat ignoble de l’un de ses serviteurs », a estimé vendredi soir le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, sur Twitter. « Notre unité et notre fermeté sont les seules réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste. Nous ferons face », a ajouté le ministre.
Le Parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête. L’enquête a été ouverte pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle », selon cette source. La sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police et la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont été saisies.
Les députés se lèvent à l’Assemblée
Plusieurs responsables politiques ont réagi après l’attaque. « Un professeur décapité pour avoir présenté les caricatures de Charlie Hebdo : nous en sommes, en France, à ce niveau de barbarie insoutenable. L’islamisme nous mène une guerre : c’est par la force que nous devons le chasser de notre pays », a indiqué Marine Le Pen, sur Twitter. « Ignoble crime à Conflans ! En fait l’assassin se prend pour le dieu dont il se réclame. Il salit sa religion. Et il nous inflige à tous l’enfer de devoir vivre avec les meurtriers de son espèce », a également écrit Jean-Luc Mélenchon sur le média social.
Dans une ambiance empreinte d’émotion, les députés se sont levés à l’Assemblée nationale pour « saluer la mémoire » de l’enseignant décapité. Très affecté, le président de séance Hugues Renson (LREM) a pris la parole juste avant l’interruption des débats à 20 heures. « Nous avons appris avec effroi l’abominable attentat qui s’est produit. Au nom de la représentation nationale, en notre nom à tous, je tiens à saluer la mémoire de la victime. » Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, « rendra naturellement un hommage » à la victime « lors de la séance de questions au gouvernement » mardi, a ajouté Hugues Renson, souligne Le Point.

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