EN TUNISIE, L’INSTAURATION DU COUVRE-FEU SE GENERALISE

Courrier tunisien – 12 Octobre 2020 – 20:44 –
Photo : Médina de Sfax
Comme par effet d’émulation, c’est une extension progressive du domaine du couvre-feu que vit le pays depuis quelques jours à mesure que se propage l’épidémie Covid-19. La mesure controversée s’étend désormais à Bizerte et à Sfax. L’ensemble des grandes métropoles s’alignent les unes après les autres sur la capitale Tunis, avec en toile de fond le spectre d’un écroulement économique.
Dès le 9 octobre, le gouverneur de Bizerte au nord du pays avait annoncé un couvre-feu pour une durée de 15 jours, de 20h00 à 5h00.
Réunie aujourd’hui lundi 12 octobre au siège du gouvernorat, la commission régionale de lutte contre les catastrophes et l’organisation des secours à Sfax lui a emboité le pas. Elle a décidé l’instauration d’un couvre-feu dans l’ensemble des délégations du Grand Sfax ainsi que l’île de Kerkennah, à partir de demain mardi 13 octobre, et ce durant 14 jours renouvelables.
Comme à Tunis depuis jeudi dernier, il a été également décidé de suspendre la prière du vendredi dans les différentes mosquées du gouvernorat. Le président de la commission et gouverneur de Sfax, Anis Oueslati, a indiqué que ces décisions ont été prises eu égard à la forte propagation du virus dans ces régions clusters, précisant que les horaires exacts du couvre-feu sera annoncée dans la soirée.
Quant aux cafés et restaurants, le gouverneur a souligné que les produits seront obligatoirement proposés à la vente à emporter. Le gouvernorat de Sfax venait d’enregistrer une recrudescence du nombre des personnes atteintes par le coronavirus avec un pic dimanche d’un nouveau décès et une centaine de contaminations. Dans son dernier bilan actualisé, la direction régionale de la santé à Sfax avait indiqué que depuis la propagation du virus, la région a recensé 1638 cas de contamination et 37 décès.
Six patients y sont admis au service de réanimation de l’unité “Covid+” de l’hôpital universitaire Habib Bourguiba, 35 patients à l’unité “covid oxygène” de l’hôpital Hédi Chaker, et 31 patients hospitalisés dans des cliniques privés.
La BERD et Moody’s unanimes sur les perspectives économiques du pays
« La croissance économique en Tunisie devrait s’établir à -8% en 2020, mais devrait se situer à +4% en 2021 », selon le rapport des prévisions économiques de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), qui concerne tous ses pays d’opérations, publié début octobre courant.
Dès le 17 avril dernier, l’agence de notation Moody’s avait annoncé le placement de la notation de la Tunisie « B2 », sous revue à la baisse. La même agence confirme aujourd’hui cette notation et change donc les perspectives en négatives. La période de revue, qui a notablement dépassé l’horizon habituel de trois mois, a été consacrée à l’évaluation de la capacité des autorités tunisiennes à gérer le choc économique sans précédent lié au Covid-19.
L’agence a par ailleurs confirmé la notation «B2» de la Banque centrale tunisienne responsable des paiements des créances émises pour le compte du gouvernement. Pour Moody’s, cette confirmation de la note « reflète la résilience au niveau des réserves de change observée depuis l’ouverture de la revue. Ce qui constitue un filet de sécurité pour les remboursements des crédits extérieurs arrivant à échéance au cours de l’année prochaine », observe néanmoins l’agence sur une note positive.
Selon la même source, l’arrivée d’un nouveau gouvernement de technocrates en septembre conforte l’évaluation de Moody’s. « Les institutions et la gouvernance tunisiennes contribueront à la continuité des politiques. Ce qui se traduira probablement par la mise en œuvre de réformes fiscales et économiques à moyen terme, dans le cadre d’un nouveau programme du FMI ».
L’agence américaine de notation assure en outre que les perspectives négatives placent le nouveau gouvernement sous pression et reflètent les défis économiques, financiers, sociaux et politiques auxquels il sera confronté. Ce dernier doit mettre en œuvre l’assainissement fiscal et des réformes structurelles nécessaires « pour obtenir un soutien officiel et maintenir des options de financement fiables, alors que les risques de refinancement prévalent avant les prochaines échéances des euro-obligations » explique l’agence.
Sauf que cette évaluation fut émise quelques jours avant le couvre-feu imposé dans les principaux centres névralgiques de l’activité touristique et industrielle du pays, précise Le Courrier de l’Atlas.

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