CORONAVIRUS BIS 

Courrier tunisien – 02 Août 2020 –
Photo: un couple de Tunisiens portant des masques à la sortie de la prière du vendredi, le 5 juin 2020 à Carthage. (FETHI BELAID / AFP)
En Tunisie, la gestion de la pandémie a tout de même contribué à limiter les dégâts
Le pays a été relativement épargné par rapport à ses voisins maghrébins. Le système de santé « n’a à aucun moment été débordé » grâce aux mesures prises pour freiner la propagation de la Covid-19.
C’est l’un des pays les moins touchés par la Covid-19 au Maghreb mais aussi sur l’ensemble du continent africain. Depuis l’annonce du premier cas enregistré le 2 mars, le pays a été relativement épargné : moins de 1 500 cas confirmés, dont une cinquantaine de morts au 27 juillet 2020. Des chiffres qui montrent que la pandémie a été bien contenue grâce aux mesures de prévention mises en place par le gouvernement tunisien formé en février. « Les nouvelles autorités ont mis en place très rapidemment une série de mesures, de manière à ce que la Tunisie se transforme en île », confie à RFI, Madame Oissila Saaidia, directrice de l’Institut de recherche sur le Maghreb contemporain, basé à Tunis.
Le système de santé tunisien a fait face
Dès le 22 mars, les autorités instaurent un couvre-feu nocturne et interdisent les rassemblements de plus de trois personnes dans l’espace public. Seuls les services de première nécessité sont autorisés à poursuivre leurs activités. Le pays s’installe pour la première fois dans un confinement généralisé. Pour Oissila Saaidia, toutes ces mesures impopulaires ont incontestablement contribué à freiner la propagation rapide de l’épidémie dans le pays. Résultat : le système de santé tunisien n’a, à aucun moment, été débordé.
Le confinement général du pays sera reconduit à maintes reprises malgré les protestations d’une partie de la population totalement démunie qui appelle au secours.
Face à la colère qui gronde, le président tunisien Kaïs Saïed se veut compréhensif et tente de rassurer ses compatriotes totalement désemparés dans les quartiers déshérités.
Dès le 21 mars, le gouvernement tunisien annonce un plan d’aide de 800 millions d’euros pour les populations démunies. Les plus vulnérables reçoivent des primes spéciales. Le remboursement des crédits bancaires est reporté pour les petites bourses. L’électricité, l’eau et le téléphone sont maintenus pour les ménages devenus insolvables. Dans le même temps, les autorités annoncent la création d’un fonds spécial de soutien aux entreprises en difficultés.
Pour Madame Saaidia, toutes ces mesures ont permis d’éviter une tragédie mais, ajoute-t-elle, cette crise sanitaire a révélé des inégalités sociales, culturelles et économiques criantes. « Ce qui m’est apparu, c’est que tous les secteurs ont été touchés. On a des fractures régionales, des fractures entre l’urbain et le rural… Certaines inégalités sociales qui, jusqu’alors, étaient conjoncturelles, vont devenir structurelles », explique-t-elle à RFI.
A quoi peuvent s’attendre les Tunisiens ?
A cette question, Oissila Saaidia estime que les mois à venir vont être décisifs pour redonner confiance aux populations tunisiennes. Tout ce que je peux vous dire, c’est que la situation économique et sociale est particulièrement tendue, confie-t-elle à RFI.
Si le pays a su prendre les mesures drastiques pour circonscrire la pandémie de coronavirus, les autorités sanitaires redoutent une nouvelle hausse des cas après la réouverture des frontières effective depuis le 27 juin. La très grande majorité des nouveaux cas enregistrés seraient importés. Le système de santé tunisien met tout en œuvre pour affronter une éventuelle deuxième vague de l’épidémie, précise France Info.
17 millions de cas dans le monde, lourd bilan au Mexique
Nouveaux bilans, nouvelles mesures et faits marquants : Le Figaro fait le point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde.
L’économie mondiale est plus que jamais frappée de plein fouet par le coronavirus, avec des États-Unis officiellement en récession, et les bilans continuent de croître notamment en Amérique latine, où le Mexique a dépassé le Royaume-Uni en nombre de décès.
Le Mexique au 3e rang des décès
Au total, la pandémie a fait au moins 667.361 morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles jeudi 30 juillet. Un nouveau cap a été franchi : le nombre des contaminations dans le monde a dépassé les 17 millions.
Les États-Unis ont enregistré jeudi 1379 nouveaux décès dus au coronavirus en une journée, selon le comptage de l’université Johns Hopkins. De loin le plus touché, le pays déplore au total 151.826 décès liés au Covid-19.
Derrière les États-Unis et le Brésil (91.263 décès), le Mexique est passé jeudi au troisième rang des pays endeuillés, devançant le Royaume-Uni avec 46.000 morts.
Les restrictions continuent
La Suède a appelé jeudi, alors qu’elle a passé le cap des 80.000 cas, à travailler à domicile au moins jusqu’au Nouvel An. Confrontée à un rebond des contaminations, l’Islande a décidé de restreindre certains rassemblements, après trois mois d’assouplissement progressif des mesures anti-Covid-19.
La gouverneure de Tokyo a appelé jeudi les restaurants, bars et karaokés de la capitale japonaise à fermer plus tôt le soir, jusqu’à la fin août, pour tenter de contenir la pandémie de coronavirus qui regagne du terrain dans le pays. Face au tollé, les autorités hongkongaises ont, elles, renoncé à imposer la fermeture des restaurants à midi.
Les déplacements internationaux doivent prioritairement concerner les urgences humanitaires, les personnels indispensables et les rapatriements, a recommandé jeudi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), soulignant que les personnes à risque et vulnérables devraient éviter de voyager. «L’OMS recommande que la priorité soit donnée aux voyages essentiels d’urgence», indique l’organisation dans ses recommandations.
Le sport ne se relève pas
Le sport mondial continue d’être lui aussi lourdement affecté par la pandémie. En tennis, le tournoi ATP et WTA de Rome, habituellement organisé début mai et reporté au mois de septembre à cause de la pandémie de coronavirus, se déroulera à huis clos, a annoncé la presse italienne.
La Formule 1, elle, est confrontée à son premier cas de pilote positif au coronavirus, alors que doit se disputer dimanche le quatrième Grand Prix de la saison à Silverstone, au Royaume-Uni. Le Mexicain Sergio Perez (Racing Point) a été testé positif et ne pourra donc pas participer ni aux essais vendredi, ni aux qualifications samedi, ni à la course dimanche.
Aux États-Unis, la saison de la NBA a repris jeudi après quatre mois et demi d’interruption dus à la pandémie. Joueurs, entraîneurs et arbitres ont marqué cette reprise en mettant un genou à terre pour protester contre les injustices raciales.
Les PIB en berne
À moins de 100 jours de l’élection présidentielle, le président américain Donald Trump a ouvertement évoqué jeudi 30 juillet un possible report de l’élection de novembre, mettant en avant, sans preuve, des risques de fraude liés à l’épidémie de Covid-19.
Le PIB américain a accusé une chute historique au deuxième trimestre (-32,9% en rythme annualisé, -9,5% par rapport au deuxième trimestre 2019), marquant l’entrée officielle en récession de la première économie mondiale. Même au cœur de la Grande Récession de 2009, qui avait suivi la crise financière, la baisse avait été quatre fois moins élevée.
Ailleurs, la situation est tout aussi inquiétante. L’Allemagne a subi au deuxième trimestre une chute sans précédent de 10,1% de son PIB et connaît sa pire récession depuis l’après-guerre. Le PIB a plongé de 12,2% en Belgique, de 10,7% en Autriche et de 17,3% au Mexique.
Les dégâts du virus sur l’emploi
La pandémie de coronavirus fait vaciller des pans entiers de l’économie mondiale, parmi lesquels l’aérien, l’automobile ou la distribution.
Les compagnies aériennes tiennent au prix de coupes drastiques dans leurs effectifs comme les américaines American Airlines (plus de 41.000 départs), United Airlines (jusqu’à 36.000) et Delta Air Lines (10.000), l’allemande Lufthansa (22.000), Air Canada (au moins 19.000), les britanniques British Airways (12.000), EasyJet (4500) et Virgin Atlantic (3150), Air France (7500).
Dans l’automobile, l’allemand BMW supprime 6000 emplois. Nissan ferme une usine employant 3000 ouvriers à Barcelone. Au Royaume-Uni, plus de 6000 suppressions de postes ont été annoncées, notamment chez Jaguar Land Rover, Aston Martin, Bentley et McLaren. Chez les équipementiers, le français Valeo a annoncé 12.000 destructions de postes, souligne Le Figaro
France: le nombre de patients en réanimation augmente
pour la première fois depuis le 8 avril
16 malades atteints du coronavirus sont décédés dans les hôpitaux en France au cours des dernières 24 heures. Le nombre de cas graves en réanimation est passé de 380 à 381.
Au cours des dernières 24h, 16 personnes sont décédées d’une infection au coronavirus dans les hôpitaux en France, portant le bilan total à 30.254 morts depuis le début de l’épidémie. Ce jeudi 30 juillet, 5375 personnes sont encore hospitalisées pour une infection covid-19. 381 malades atteints d’une forme sévère du virus sont hospitalisés en réanimation, soit une personne supplémentaire par rapport à la veille. C’est la première fois que le nombre de patients en soins intensifs augmente depuis le 8 avril, soit 16 semaines.
 «La circulation du virus est soutenue avec un nombre de cas quotidiens en augmentation et supérieur à 1000», alerte la DGS dans son communiqué du jour. Ce jeudi, 1377 nouveaux malades ont en effet été dépistés. «Sur la semaine du 21 au 27 juillet, le taux d’incidence hebdomadaire national dépasse le seuil de vigilance de 10 cas pour 100.000 habitants et s’établit à 10.2 contre 5.7 il y a 3 semaines. Il est en augmentation de 78%, avec une accélération à la hausse cette semaine», précise l’autorité sanitaire.
Une circulation accrue du virus mis en évidence par le nombre de cas groupés détectés en France. 12 nouveaux cas groupés ont été recensés depuis hier, pour un total de 250 encore actifs sur le territoire. «SOS médecins a réalisé 279 interventions pour suspicion de COVID-19, soit 3,5 % de l’activité totale. Les services d’urgence ont noté 194 passages pour ce même motif, soit 0,6 % de l’activité totale», ajoute la DGS à ses chiffres quotidiens.
Le port du masque se généralise en extérieur
Plusieurs stations balnéaires et villes touristique ont annoncé ce jeudi leur volonté de rendre obligatoire le port du masque dans la rue. Ainsi, cette mesure a été prise dans certaines rues de Quiberon (Morbihan) et de la vieille ville de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), au cœur du Touquet-Paris-Plage à partir de samedi et pendant tout le mois d’août, dès la semaine prochaine à Bayonne et Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), ou encore dans les centres-villes de quatre communes de Mayenne, dont Laval.
En prévention de la vague de forte chaleur à venir, «Il ne faut jamais humidifier le masque, même si cela peut procurer une sensation de rafraîchissement. Si le masque est humide(transpiration, …), il faut le changer car son efficacité n’est plus assurée», écrit la DGS, qui rappelle à la population de s’hydrater régulièrement et de manger suffisamment en cas de fortes températures.
Au niveau mondial, 188 pays sont touchés par la pandémie de COVID-19. Plus de 17 millions de personnes ont été atteintes et 668.250 personnes en sont décédées , selon Le Figaro..

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