In this photo taken on July 2, 2013 and made available by the Italian Navy Wednesday, July 3, 2013, Coast Guard boats give help to a boat with some 80 migrants on a boat heading to Italy, in the Mediterranean sea, near the island of Lampedusa. The Vatican announced Monday that Pope Francis will go to Lampedusa island next week to meet with recently arrived migrants. Tens of thousands of clandestine migrants, many from Africa or the Mideast, head to Italian shores each year. Lampedusa is their frequent destination, closer to Africa than the Italian mainland. (AP Photo/Italian Navy, HO)/NAV102/598978334075/AP PROVIDES ACCESS TO THIS PUBLICLY DISTRIBUTED HANDOUT PHOTO PROVIDED BY THE ITALIAN NAVY/1307031552 *** Local Caption *** 21422665

MIGRATION : LA TUNISIE AUTORISE L’ITALIE A DOUBLER SES EXPULSIONS

Courrier tunisien – 23 Septembre 2020 – 12:55 –
Photo : les arrivées de bateaux en provenance de Tunisie se sont multipliées pendant l’été 2020 (AP Photo/Italian Navy, HO
L’été a vu l’Italie hausser le ton avec la Tunisie sur la question de la migration irrégulière. Plusieurs missions ministérielles rapprochées ont ouvertement servi à mettre la pression sur les autorités tunisiennes. Rome a ainsi obtenu le doublement de son quota d’expulsions après la hausse spectaculaire du nombre d’arrivées sur ses côtes.
L’Italie a annoncé un accord avec la Tunisie pour le doublement des flux d’expulsions de Tunisiens en situation irrégulière. 500 à 600 personnes seront renvoyées chaque mois en vertu de cet accord, explique le journal italien La Repubblica (article en italien). Rome espère ainsi juguler le nombre de personnes arrivant sur son territoire et calmer une opinion publique échaudée par les arrivées de migrants.
De précédents accords prévoyaient un quota d’un vol de 40 personnes par semaine. Ce chiffre passera donc à 80 « dans les semaines à venir » grâce au doublement du nombre de vols charters vers la Tunisie.
Tout l’été, Rome a accentué sa pression diplomatique sur Tunis pour tenter de limiter le nombre de départs. Même après avoir donné son autorisation pour l’augmentation des expulsions, Tunis a tenté de réaffirmer sa souveraineté sur les questions migratoires.
Pressions sur Tunis
La recrudescence du flux de migrants avait en effet poussé la ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese à hausser le ton. « Il n’y aura plus de place pour les migrants illégaux en Italie », a averti mi-août à Tunis le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio. Il était alors accompagné de la ministre de l’Intérieur, ainsi que des commissaires européens à l’Élargissement et aux Affaires intérieures. Les deux ministres en étaient d’ailleurs à leur deuxième visite en quelques semaines. Début août, le gouvernement italien est allé jusqu’à menacer de geler une partie de son aide bilatérale.
Plus de 2000 personnes ont débarqué en Italie en provenance de Tunisie depuis le début de l’année. Le flux s’est largement intensifié à partir des beaux jours. 26 bateaux sont encore arrivés en un seul week-end du 18 au 20 septembre.
Les images de Tunisiens débarquant à Lampedusa et en Sicile cet été ont fait le tour des réseaux sociaux des deux côtés de la Méditerranée. Des familles voire des quartiers entiers sont arrivés par la mer en Italie avec la levée du confinement. La crise économique, amplifiée par la crise sanitaire, a poussé des centaines de Tunisiens à tenter la périlleuse traversée. Une vague migratoire qui survient au moment où l’Italie a une récession après avoir été durement frappée par l’épidémie de covid-19.
Rome a pu compter sur le soutien de Bruxelles dans sa démarche. Les  « flux illégaux (de migrants) doivent cesser et nous comptons sur la coopération des autorités tunisiennes, y compris pour les retours », avait twetté début août Olivier Varhelyi, Commissaire européen au Voisinage et à l’Élargissement.
L’Italie aimerait d’ailleurs pouvoir compter sur une aide plus concrète de ses voisins européens. Alors que le sujet de la migration sera au menu d’une rencontre cette semaine, le pays milite pour d’un mécanisme de redistribution obligatoire des migrants, souligne Le Courrier de l’Atlas.

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