COVID-19: LA CAMPAGNE ANTI-CHINOISE

Courrier tunisien – 27 Avril 2020 –
Photo: Xi Jinping, président de la République populaire de Chine. CHINE NOUVELLE/SIPA
Origine du Coronavirus : la Chine sur le feu des critiques, dénonce « un virus politique »
Depuis l’apparition du Covid-19 à Wuhan, en décembre dernier, plusieurs pays reproche au  régime chinois de n’avoir jamais dit la vérité sur, au moins, trois points: l’émergence, l’ampleur et le bilan de la pandémie. Les «zones d’ombre» sont nombreuses et les critiques contre Pékin commencent à fuser un peu partout dans le monde.
Au commencement était le Verbe. En l’occurrence, celui d’Emmanuel Macron, s’exprimant dans une interview accordée au Financial Times et publiée le 16 avril: «Il y a manifestement des choses qui se sont passées qu’on ne sait pas. Il appartient à la Chine de les dire.» Le président français évoquait dans cette très sibylline formulation la gestion de la crise sanitaire dans l’ex-empire du Milieu, épicentre de la pandémie de Covid-19. Il n’en a pas fallu plus pour relancer toutes les spéculations circulant depuis un trimestre sur internet et concernant les véritables origines du Sars-CoV-2, nom savant du virus qui provoque le Covid-19 et affole la planète. Confinés dans une atmosphère anxiogène et face à un scénario dystopique en diable, les adeptes de la théorie du complot s’en donnent à cœur joie. Disons-le d’emblée: ledit virus n’est pas une arme bactériologique fabriquée à dessein par des Frankenstein asiatiques pour l’industrie de l’armement.

Le coronavirus :  La Chine est accusée d’avoir fabriqué le virus du Covid-19, un prétexte à régler des comptes.
Quand on veut noyer son chien, on l’accuse de la rage. C’est l’attitude adoptée par certains pays qui profitent d’une situation délicate pour faire d’une pierre deux coups. Ils sautent donc sur une occasion rêvée pour lui créer à la Chine des problèmes dans les domaines économique et stratégique et faire oublier le désastre engendré chez eux par le coronavirus. Nous verrons plus loin la nature de la machine mise en branle pour confiner la Chine dans un coin comme le mauvais élève de la classe. On commence timidement à faire allusion à un coupable non encore identifié et puis la musique monte crescendo… virus étranger, virus de Chine, virus artificiel fabriqué, virus échappé d’un laboratoire, etc. Les habituels perroquets qui reprennent les refrains de la voix de leur maître ont heureusement été refroidis par la parole des scientifiques qui se battent concrètement contre le maudit virus. Ils ont tous contredit la thèse d’un célèbre prix Nobel qui affirma un peu trop vite que le virus a été fabriqué dans un labo chinois mondialement connu.
En réalité, la polémique suscitée par un virus inconnu relève plus de la politique que de la médecine. Ainsi, la féroce campagne de dénigrement de la Chine n’est ni fortuite, ni surprenante. Les accusations dont est victime ce pays ne date pas d’aujourd’hui. Tout le monde se rappelle la rude guerre commerciale menée par Trump contre le monde entier et singulièrement contre l’Iran et la Chine. Il est un autre événement qui dépasse de loin le contentieux commercial de droits de douanes, de la monnaie chinoise sous-évaluée, etc. Cet événement n’est autre que l’émergence de la 5G qui introduit une révolution dans la révolution des réseaux d’informations. La mobilité de la 5G dans l’espace et le temps et sa capacité à entrer dans les secrets industriels les mieux protégés donnent des sueurs froides aux Américains. Si on ajoute à ce potentiel chinois la mise en place du réseau commercial dit de la route de la soie, une Marine dotée de porte-avions et de sous-marins nucléaires, l’«atterrissage» sur Mars dans les prochaines années, toutes ces conquêtes sont considérées comme une menace à ceux qui veulent garder le privilège de faire la loi dans le monde.
Aussi Trump profite-t-il de n’importe quelle situation, aujourd’hui c’est le coronavirus. Hier, il cherchait à faire capoter l’ambition des Chinois à conquérir le marché mondial du numérique par le biais de la 5G. Pour mettre des bâtons dans les roues de la 5G, Trump a demandé au Canada d’extrader la fille du patron de la 5G, accusée par la CIA d’espionnage. Tous ces éléments cités sont connus et visent à empêcher la Chine de devenir la première puissance du monde. Les Américains ont vu la menace se concrétiser année après année et ont décidé de ne pas éparpiller leurs forces pour se renforcer dans le Pacifique, la zone où se concentrent des monstres économiques voisins de la Chine (Japon, Corée du Sud, Australie, et même le Vietnam qui connait un grand développement). Cette campagne de dénigrement et de sanctions révèle ainsi l’incapacité des adversaires de la Chine à utiliser la traditionnelle politique de la canonnière.
La Chine n’est pas l’Irak qui a été envahi sur la base d’un grossier mensonge qui a décrédibilisé à jamais la parole des Etats-Unis. Il y a quelque chose de pathétique chez certains médias à vouloir lutter contre les fake news (fausses infos) et de relayer servilement une politique délibérée de mensonges des Etats-Unis. Ces mêmes médias ne se donnent même pas la peine de réfléchir sur le désaveu de l’opinion à leur égard. Ils feignent ignorer qu’une partie de cette opinion donne plus de crédibilité à des infos circulant dans les réseaux sociaux. Certes, dans ces réseaux, il y a à boire et à manger. Mais il y a aussi des voix, des plumes qui accèdent à des infos et savent les traiter en s’appuyant sur une culture historique et philosophique.
Ainsi, le Vieux Monde, habitué à aller à la guerre la fleur au fusil, ne sait plus à quel saint se vouer. Dans leur croisade d’un autre temps, ils ont pour serviteurs la cohorte des naïfs et des idéologues qui sont fâchés avec l’implacable dialectique de l’Histoire. Tout ce beau monde a enfin compris que la guerre n’est pas une promenade comme au bon vieux temps du colonialisme. Il reste à ce monde de comprendre que l’on ne gagne pas la guerre idéologique par des mensonges construits sur des sables mouvants. Ils ont oublié que la désinformation est une sorte de «science» qui met face à face deux adversaires (les services secrets) dotés de la même intelligence stratégique. Cette technique de la désinformation consiste à transformer la vraisemblance des choses en vérité pour intoxiquer l’adversaire. Ce travail est confié à des fins esprits. Ces derniers manient avec un art consommé les matières du vrai et du faux, le socle de la désinformation. Avec la compagne autour de la «responsabilité» de la Chine sur l’émergence du Covid-19, les adversaires de ce pays font appel à des infos bricolées dont la fausseté et la médiocrité sautent aux yeux et sont trahies parfois par un simple mot.
Il faut dire que tout le monde ne peut être monsieur de La Fontaine dont les fables sonnent la vérité mieux que certains essais sociologiques. Que dit La Fontaine sur la puissance des mots ? Il faut, dit-il, employer le mot juste et le placer au meilleur endroit de la phrase. Ce n’est pas «la littérature» des tweets dont les auteurs changent d’avis tous les jours qui va remplir la subtile tâche de la désinformation. Eh oui, la désinformation a été remplacée par la vulgarité de la rumeur véhiculée par des tweets. Des Etats ont mis au «chômage» leurs services secrets dont la fonction est de faire de la désinformation, encore une fois véritable art de l’intoxication. Des romanciers célèbres ont fait un parallèle entre la littérature et l’art de la désinformation. Le plus grand d’entre eux est John Le Carré, lui-même ex-espion de sa Majesté la reine d’Angleterre.
On connaît la puissance de la grande littérature qui, malgré l’écoulement du temps, nous aide à lire le présent. Faisons la liste des mots et de mensonges avec lesquels la propagande a bassiné l’opinion. Pour Trump, le coronavirus va disparaître avec la chaleur du printemps ; en France, c’est une grippette, etc. Le virus vient de Chine (Trump), il a été fabriqué dans un P4 bunker ultra-sophistiqué à Wuhan, le virus a contaminé un chercheur, le virus s’est échappé d’une poubelle où les Chinois jetaient pèle-mêle les matériaux utilisés dans les labos (interview d’un virologue américain)… Arrêtons cette liste de mensonges enfantins de gamins dans une cour de récréation.
Heureusement, des spécialistes sur les plateaux des télés françaises n’ont pas été les complices d’animateurs/journalistes qui les harcelaient pour leur arracher leur caution d’hommes de sciences.
Pitoyable attitude de journalistes pour avoir un scoop bon pour leur promotion et pour assouvir leur haine de la Chine. Ce genre d’attitude, on l’a rencontrée au sujet de l’Irak, de la Syrie, de la Libye, du Venezuela, de l’Iran, de la Chine. Mais la Chine, qui a dans sa besace des arguments de toute nature, a de quoi faire taire ce petit jeu qui relève du plus mauvais théâtre. Cela dit, la Chine ressemble à tous les Etats ; elle défend ses intérêts et, dans l’arsenal de cette défense, elle pratique la rétention des informations. Quant aux secrets qui menaceraient sa sécurité nationale et son prestige, encore une fois, comme tous les Etats, elle peut aller jusqu’à faire la guerre. Dans cet acharnement, il y a quelque chose d’obscène.
Voilà un pays qui partage ses recherches sur le Covid-19 avec le monde et les scientifiques français qui informent l’opinion en font cas dans les médias. Voilà un pays qui fournit à beaucoup de pays du matériel médical et des milliards de masques de protection, un pays immense de 1,3 milliard d’habitants qui est arrivé à stopper le virus et le cantonner dans une ville, et c’est ce pays que l’on veut faire passer pour une contrée infréquentable. Un tel regard pourrait être vraisemblable si le pays qui diffuse pareille image n’avait pas offert au monde l’image d’une fosse commune où l’on a enterré les victimes de Codiv-19, fosse à quelque encablure de Wall-Street, Temple de la finance mondiale.
On a des raisons de critiquer un pays, ici la Chine, mais le mettre sous le feu nourri de la rumeur, des mensonges et des on-dit, cela n’est pas digne… La vérité finit toujours par émerger. L’histoire en témoigne.
Par Ali Akika

«La Chine devra être plus transparente sur les questions qui concernent l’ensemble de l’humanité»
La Chine se trouve sous le feu des critiques pour son comportement au début de la crise du coronavirus, notamment vis-à-vis de l’OMS. Pékin a-t-il péché par négligence ou manque de transparence? Décryptage des enjeux de cette crise pour Pékin par Barthélemy Courmont, directeur de recherche à l’IRIS.
Plusieurs pays occidentaux accusent la Chine d’avoir répandu le coronavirus à travers le monde par manque de transparence. Elle est accusée d’avoir diffusé à la communauté internationale des messages sous-estimant l’impact de la maladie.
Pourtant, dans un premier temps, Donald Trump avait publiquement –et à de multiples reprises– loué le leadership de la Chine. Au début de la crise, le coronavirus ne semblait vraiment pas être un problème majeur pour la communauté internationale. Mais soudain, le discours a changé.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS), a cessé de conseiller aux pays de garder leurs frontières ouvertes et a déclaré une pandémie mondiale. C’est alors que Trump a cessé de féliciter la Chine et la tient maintenant pour entièrement responsable de la crise. Comment la Chine a-t-elle géré la situation?
Barthélémy Courmont, directeur de recherche à l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques), réagit aux reproches adressés à la Chine par le Président américain:
«On est effectivement dans du “China-bashing”, de manière parfois un peu irrationnelle. Plutôt que de chercher à apprendre les défaillances côté américain, qui semblent extrêmement nombreuses, on va s’en remettre presque systématiquement et sans chercher davantage à une responsabilité extérieure, en l’occurrence chinoise.» Cependant, l’expert précise qu’il faut voir plus loin:
«Il n’y a pas de fumée sans feu. Au-delà du caractère irrationnel et trop excessif de ce “China-bashing”, on doit s’interroger malgré tout sur les défaillances d’un système. L’OMS mérite d’être réformée, transformée, pour être plus forte et pour nous permettre à l’avenir de répondre d’une manière plus efficace à ce type de pandémie. De la même manière, la Chine se devra, à l’avenir, d’être plus transparente sur des questions qui ne la concernent pas uniquement, mais qui concernent l’ensemble de l’humanité.» 
L’ambassadeur de Chine en France a été convoqué par le Quai d’Orsay pour des propos discutables sur la gestion de la crise sanitaire en France. L’expert commente le comportement de la diplomatie chinoise face à un monde en pleine panique:
«D’un côté, on durcit le ton, on n’accepte plus les critiques, on va resserrer un petit peu. De l’autre, on va en même temps réaliser qu’il se passe peut-être quelque chose qui, potentiellement, peut être déstabilisateur en termes d’image sur la scène internationale.
Les Chinois, à mon sens, ont conscience qu’il y a peut-être une ligne rouge qu’il ne faudra pas franchir. On l’a vu avec l’ambassadeur de Chine en France, qui va rétropédaler»,
précise Sputnik.

Pressé par la Chine, E.U. Adoucit son rapport sur la désinformation de Covid-19
Sous la pression de Pékin, les responsables de l’Union européenne ont atténué leurs critiques à l’égard de la Chine cette semaine dans un rapport documentant comment les gouvernements poussent la désinformation sur la pandémie de coronavirus, selon des documents, des courriels et des entretiens.
Inquiets des répercussions, les responsables européens ont d’abord retardé puis réécrit le document de manière à diluer l’attention sur la Chine, un partenaire commercial essentiel – adoptant une approche très différente de la position conflictuelle adoptée par l’administration Trump.
Le rapport initial de l’Union européenne, obtenu par le New York Times, n’était pas particulièrement strident: un récapitulatif de routine des informations et des reportages accessibles au public.
Il a cité les efforts de Pékin pour limiter les mentions sur les origines du virus en Chine, en partie en blâmant les États-Unis. pour propager la maladie au niveau international. Il a noté que Pékin avait critiqué la France comme étant lente à répondre à la pandémie et avait poussé de fausses accusations selon lesquelles des politiciens français avaient utilisé des insultes racistes contre le chef de l’Organisation mondiale de la santé. Le rapport a également souligné les efforts russes pour promouvoir les fausses informations sur la santé et semer la méfiance envers les institutions occidentales.
« La Chine a continué de mener une campagne mondiale de désinformation pour détourner le blâme de l’épidémie de pandémie et améliorer son image internationale », a indiqué le rapport initial. « Des tactiques manifestes et secrètes ont été observées. »
Mais la Chine a agi rapidement pour bloquer la publication du document, et l’Union européenne s’est retirée. Le rapport était sur le point d’être publié, jusqu’à ce que de hauts fonctionnaires ordonnent des révisions pour adoucir la langue.
« Les Chinois menacent déjà de réagir si le rapport est publié », a écrit mardi à ses collègues Lutz Güllner, un diplomate de l’Union européenne, dans un e-mail vu par le Times.
La phrase concernant la campagne de «désinformation mondiale» de la Chine a été supprimée, de même que toute mention du différend entre la Chine et la France. Une autre langue a été atténuée.
Le retard et les révisions ont provoqué la colère et la frustration de certains diplomates et analystes de la désinformation gouvernementale. Au moins une analyste s’est officiellement opposée, écrivant à ses patrons que l’Union européenne «s’autocensurait pour apaiser le Parti communiste chinois».
La lutte contre le document fait partie d’une vaste bataille mondiale sur le récit du coronavirus. Et cela arrive à un moment où l’Union européenne espère obtenir des concessions commerciales de Pékin et rétablir une relation riche une fois la pandémie passée.
Les responsables chinois initialement a tenté de faire taire les médecins et de minimiser la gravité de l’épidémie de coronavirus dans la ville de Wuhan à la fin de l’année dernière. Désireuse de faire oublier ce chapitre au monde, la Chine a également tenté de concentrer l’attention du monde sur les contributions de ses scientifiques et ses dons mondiaux de fournitures médicales.
Même après que l’administration Trump ait conclu une brève trêve avec le gouvernement chinois pour cesser d’échanger des barbelés publics sur la crise, les deux parties ont repris leur doigt. Le président Trump a déclaré la semaine dernière que son gouvernement tentait de déterminer si le virus provenait d’un laboratoire chinois, tandis que la Chine a accusé le gouvernement américain d’essayer de détourner le public de ses propres erreurs.
Dans ce contexte, l’Union européenne devait publier son rapport. Tôt mardi matin, Politico a cité le document dans son bulletin du matin et a déclaré que le journal devrait être publié ce jour-là.
Mais des responsables chinois ont rapidement contacté les représentants de l’Union européenne à Pékin pour tenter de tuer le rapport, selon deux diplomates connaissant l’échange et des courriels relatant les appels.
L’Union européenne, comme les États-Unis, a du mal à trouver une approche cohérente pour lutter contre la désinformation. Un groupe de travail d’analystes met régulièrement en avant la propagande étrangère, mais son travail a parfois été aseptisé en raison de préoccupations politiques.
Les hauts responsables ont adouci le langage de la Russie dans le passé alors que le bloc tentait d’améliorer les relations avec Moscou. Un rapport l’année dernière sur la propagande préélectorale supprimé toute référence au soutien russe à certains groupes politiques européens.
Le nouveau rapport de l’Union européenne intervient alors que le bloc est essayer d’obtenir un meilleur traitement pour ses entreprises en Chine. Le commerce bilatéral était estimé à plus de 1,6 milliard de dollars par jour avant la pandémie. Les constructeurs automobiles allemands et les agriculteurs français, ainsi que d’autres industries, dépendent fortement des exportations vers la Chine.
Peter Stano, porte-parole de l’Union européenne, a déclaré vendredi que le rapport n’avait pas été retardé. « Il est prêt une fois qu’il est terminé, approuvé dans un processus éditorial et prêt à être téléchargé », a-t-il déclaré.
Mardi matin, cependant, un e-mail a circulé à l’intérieur de l’équipe du groupe de travail sur la désinformation avec le sujet: «PRÊT pour publication». Un superviseur l’a approuvé et un analyste était sur le point de publier un résumé en ligne.
Mais Esther Osorio, conseiller principal du plus haut diplomate de l’Union européenne, Josep Borrell, a ordonné la tenue de ce procès, selon un e-mail.
Alors que les analystes affirment que les tactiques du Kremlin visent à saper la confiance dans les gouvernements occidentaux, le gouvernement chinois se concentre davantage sur la refonte de son rôle dans l’histoire du coronavirus et sur le détournement du blâme pour la pandémie.
L’Europe centrale et orientale, en particulier, est un foyer de tactiques de désinformation, selon les diplomates. « La Pologne est la boîte de Pétri de la Russie et de la Chine pour tester leur désinformation, leurs trolls et leurs robots », a déclaré jeudi l’ambassadrice américaine en Pologne, Georgette Mosbacher.
Alors que des responsables à Bruxelles ont retardé la publication de leur rapport, des responsables chinois à Pékin ont maintenu la pression avec au moins deux appels de haut niveau aux représentants européens, selon des courriels et des entretiens avec des diplomates. Les autorités chinoises ont exprimé leur inquiétude à l’annonce d’un prochain rapport et ont exhorté le bloc à ne pas divulguer le document.
Mme Osorio, l’aide de M. Borell, a demandé aux analystes de réviser le document pour se concentrer moins explicitement sur la Chine et la Russie afin d’éviter les accusations de parti pris, selon un e-mail et des entretiens. Elle a demandé aux analystes de faire la différence entre pousser la désinformation et pousser agressivement un récit, et documenter chacun « comme nous voyons déjà un fort recul du CN » – une abréviation pour la Chine.
Stano, porte-parole de l’Union européenne, a déclaré qu’aucune révision du document n’avait été ordonnée en réponse aux pressions diplomatiques. En interne, cependant, certains analystes se sont opposés au changement de langage face aux critiques.
«Un tel apaisement créera un terrible précédent et encouragera une coercition similaire à l’avenir», a écrit une analyste, Monika Richter, à ses collègues et superviseurs dans un e-mail vu par le Times. Elle a déclaré que les diplomates de l’Union européenne «s’autocensuraient pour apaiser le Parti communiste chinois». Elle a également écrit que c’était un mensonge de prétendre que la publication du document n’était pas prévue.
Quand le résumé public du rapport a été mis en ligne vendredi, la section sur la désinformation parrainée par l’État, qui avait distingué la Chine et la Russie, avait été intégrée au reste du rapport. Un grand nombre des exemples liés aux actions de la Chine figuraient en bas, sous la rubrique «Autres activités sélectionnées».
Le rapport original indiquait que les analystes européens avaient évalué « une poussée continue et coordonnée par des sources officielles chinoises pour éviter tout blâme ». Cette formulation dit maintenant: « Nous voyons des efforts continus et coordonnés de la part de certains acteurs, y compris des sources chinoises, pour détourner tout blâme. »
La nouvelle version omettait toute référence à la critique chinoise de la France et à un réseau de robots pro-chinois en Serbie.
Jakub Janda, directeur exécutif de l’European Values ​​Center for Security Policy, un organisme de recherche, a déclaré que le rapport de désinformation était un moyen à faible enjeu pour la Chine de mesurer son influence auprès de l’Union européenne au milieu de la pandémie.
« C’est un morceau de papier où la Chine est appelée par l’UE », a déclaré M. Janda, dont le groupe a vivement critiqué l’ingérence chinoise et russe en Occident. « C’est clairement un test. », précise FR24 NEWS.

 

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*