CORONAVIRUS : LES ETATS-UNIS EN MODE « PANIQUE »

Courrier tunisien – 24 Mars 2020 – 16:32 –
Les Etats-Unis n’échappent pas au coronavirus, ils pourraient même bientôt devenir l’épicentre de la pandémie. En effet, la propagation s’accélère au fil du temps et pourraient bientôt dépasser l’Europe  a alerté, mardi, l’Organisation mondial de la santé (OMS).
Nous constatons une très forte accélération du nombre de cas aux Etats-Unis“, a indiqué Margaret Harris, une porte-parole de l’OMS lors d’un point presse en visioconférence, estimant que la progression de la maladie aux Etats-Unis pourrait en faire bientôt le nouvel épicentre. Nous ne pouvons pas dire que c’est déjà le cas, mais la possibilité existe“, a-t-elle insisté.
Selon le dernier rapport quotidien de l’OMS publié lundi soir, les Etats-Unis ont vu le nombre de personnes testées positifs au nouveau coronavirus et de décès doubler en 24h (31.573 cas d’infection cumulés et 402 morts).
Une économie en chute libre
Le Dow Jones, qui a perdu lundi 37 % de sa valeur depuis le plus haut atteint en février, a achevé d’effacer tous les gains boursiers depuis l’élection de Donald Trump.
Le Tweet a été écrit en majuscules, reflet de l’angoisse de Donald Trump face à l’épidémie causée par le coronavirus. « Nous ne pouvons pas laisser le remède devenir pire que le mal. A la fin des quinze jours [de semi-confinement], nous aurons une discussion sur la direction que nous voulons prendre », s’est lamenté le président américain, dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23 mars.
Lundi, Larry Kudlow, conseiller économique de Donald Trump, s’est voulu plus explicite sur Fox News : « Nous ne pouvons pas fermer l’économie. Le coût est trop lourd pour les individus », a expliqué M. Kudlow, expliquant qu’il faudrait faire des « compromis difficiles ». « Il faut se demander si le confinement fait plus de mal que de bien », a ajouté M. Kudlow. « L’Amérique sera de nouveau et bientôt ouverte aux affaires, a renchéri le président, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche. Nous n’allons pas laisser cela se transformer en un problème financier de longue durée. »
L’heure n’est pas à la levée des barrières sanitaires au détriment de la santé des Américains, alors qu’une étude de l’Imperial College de Londres évoque 2,2 millions de morts américains, si rien n’est fait. Mais la réflexion reflète la panique économique qui s’est emparée des Etats-Unis. L’économie tombe comme une pierre.
Simulations alarmistes
Le cas américain est vu comme la continuation logique de la pandémie, après l’Asie et l’Europe. En fait, c’est le cœur de la première économie mondiale qui menace de s’arrêter, alors que le pays ne dispose pas du filet social européen. Les simulations sont alarmistes : Goldman Sachs et Bank of America prévoient une récession équivalente à un quart du produit intérieur brut au deuxième trimestre, estimation moyenne entre celle de JP Morgan (– 14 %) et de Morgan Stanley (– 30 %).
Le chômage pourrait s’envoler à des niveaux jamais atteints depuis la Grande Dépression des années 1930. Steve Mnuchin, secrétaire au Trésor, a évoqué un taux de 20 % si rien n’est fait, avant de se faire démentir par Donald Trump. Le président de la Reserve fédérale de Saint-Louis, James Bullard, n’exclut pas une envolée à 30 %, ce qui signifierait que 50 millions d’Américains seraient sans emploi sur une population active de 164 millions. Le chiffre des demandes d’allocation-chômage sera connu jeudi 26 mars, mais il s’annonce abyssal, sans doute aux alentours de 2 millions, selon l’estimation de Goldman Sachs, selon Le Monde.

 

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