Coronavirus, l’épidémie continue de s’étendre

Courrier tunisien – 09 Mars 2020 –
En Tunisie, Le ministère de la Santé a publié, samedi 07 Mars, un communiqué dans lequel il assure poursuivre la surveillance et les mesures de prévention du coronavirus. Le même ministère estime que le nombre de personnes mises en quarantaine dans les différentes régions du pays, a dépassé les 2000 individus dont 750 ont achevé la période de surveillance et ont été autorisées à rompre l’isolement.
Au Maroc, alors qu’un deuxième mort est provoqué par l épidémie, le gouvernement a pris plusieurs mesures pour contrer la propagation de l’épidémie du Coronavirus. Il a été décidé d’interdire tous les événements avec la participation de personnes venues de l’étranger (conférences, rencontres culturelles ou sportives), les événements rassemblant plus de 1.000 personnes, tous les festivals (sauf les moussems). Concernant les rencontres sportives, elles se dérouleront à huis clos. Et cela à partir du jeudi 05 Mars jusqu’à la fin du mois, selon Mondafrique.

L’Algérie premier foyer du Coronavirus en Afrique

L’Algérie compte depuis samedi 7 mars 19 cas de coronavirus confirmés. Deux nouveaux cas ont été détectés ce qui fait de l’Algérie le pays le plus touché par cette épidémie sur le continent africain. Pour l’heure, ont été détectés au Sénégal (4 cas), au Maroc (2), en Egypte (2), en Afrique du Sud (1), en Tunisie (1), au Nigeria (1) et au Cameroun (1). Aucun décès n’a jusque-là été enregistré.
L’Algérie est durement touchée et la propagation avance chaque jour. Mais les autorités algériennes se montrent rassurantes et jugent que “la situation n’est pas préoccupante”. Ceci dit, le gouvernement algérien a reconnu qu’il est passé au stade 2 pour faire face aux conséquences de cette épidémie.
Le ministre de la Santé,  le Pr. Benbouzid se montre toujours imperturbable et explique que, pour le moment, le virus “a touché, jusqu’à ce jour, les membres d’une seule famille”. “Les résultats ont été négatifs chez certains. Quelques-uns d’entre eux sont en quarantaine et quitteront les deux établissements spécialisés de Boufarik et d’El-Kettar dans dix jours”, a ajouté le ministre de la Santé. Et d’ajouter, à cette occasion, que le secteur “est en état d’alerte et que la situation n’est pas préoccupante”, relevant, à ce propos, la nécessité de prendre et mettre en œuvre des mesures de prévention qu’il a qualifiées “de faciles”.
Cependant, les autorités algériennes ont redoublé leurs efforts et annoncent l’acquisition prochaine d’une nouvelle technique permettant le dépistage du coronavirus dans un délai très court. Il s’agit de la nouvelle technique consistait en le prélèvement de sang qui permet de détecter la contamination en un laps de temps très court, contrairement à la technique utilisée actuellement consistant en le prélèvement d’un gène, c’est à dire des sécrétions naso-pharyngées, qui donne des résultats dans 24 heures.
De son côté, le directeur par intérim de l’Institut Pasteur d’Algérie, Dr. Fawzi Drar a fait savoir que plusieurs wilayas, dont Tamanrasset, Sétif, Oran et Constantine, allaient être dotées de ces nouveaux équipements, en vue d’atténuer la pression sur l’institut et garantir une santé de proximité.
Pour sa part, le Directeur général de la prévention au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Dr. Djamel Fourar a précisé que l’âge des personnes atteintes oscillait entre 15 mois et 83 ans, ajoutant que le ministère avait élaboré un plan stratégique de communication consistant en la distribution de dépliants au niveau des points frontaliers et des établissements, la diffusion de spots publicitaires dans les différents médias, et la mise à disposition des citoyens d’un numéro vert 3030 ainsi que l’envoi des messages texto à travers les téléphones mobiles, selon Algérie7.

L’Italie met des dizaines de provinces en quarantaine

L’épidémie due au nouveau coronavirus, qui touche désormais plus de 100.000 personnes dans le monde, s’étend et contraint les autorités à multiplier les précautions.OK
La propagation accélérée du virus est jugée « très préoccupante » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : au total, 94 pays sont désormais touchés par le Covid-19, qui a fait plus de 3500 morts à travers le globe.
Dans ce contexte, l’Italie bouclera de vastes zones du nord du pays pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, a indiqué tôt dimanche le Premier ministre Giuseppe Conte, rapporte l’agence de presse Ansa.
Les régions concernées sont la Lombardie, dont la ville de Milan, ainsi que les provinces de Modène, Parme, Piacenza, l’Emilie-Romagne, Rimini, Pesaro et Urbino, ainsi qu’Alessandria, Asti, Novara, Verbano Cusio Ossola, Vercelli, Padoue, Trevise et la Vénétie.
Au total, ce sont plus de 10 millions de personnes qui sont concernées par la mesure. Le Premier ministre italien a été contraint ce dimanche de confirmer l’extension des zones en quarantaine après que la nouvelle a fuité dès samedi soir dans plusieurs médias italiens.
Cinquième pays le plus touché, la France compte désormais 16 morts et 949 cas, cinq décès supplémentaires ayant été annoncés samedi soir.
La Chine a annoncé samedi 28 nouveaux décès, portant le bilan total à 3070 morts dans le pays, et a fait état d’une nouvelle augmentation du nombre de cas en dehors de la province du Hubei (centre), où le virus est apparu en décembre.
Dans le même temps, le nombre de contaminations confirmées en Corée du Sud a dépassé les 7000 samedis, ce qui en fait le pays le plus touché en dehors de Chine. Suit l’Iran, où 21 nouveaux décès et 1076 infections au cours des dernières 24 heures ont été recensés, portant le total à 145 morts et 5823 contaminations.
L’île de Malte et le Paraguay ont annoncé une première contamination samedi, alors que l’archipel des Maldives détectait ses deux premiers cas parmi le personnel d’un hôtel de luxe sur une île à 150 km de la capitale Malé.
Urgence dans l’Etat de New York
Aux Etats-Unis, l’expansion de l’épidémie inquiète : le virus a été détecté sur 21 personnes à bord du Grand Princess, un navire de croisière maintenu au large de la Californie, après la découverte de symptômes chez certains de ses 3533 passagers et membres d’équipage, selon le vice-président américain, Mike Pence.
Deux personnes sont par ailleurs mortes du coronavirus en Floride, les premières victimes américaines en dehors de la côte ouest, ont annoncé les autorités sanitaires de cet Etat du sud-est des Etats-Unis.
Sur la côte Est, l’état de New York a décrété l’état d’urgence, pour accélérer la lutte contre la maladie.
Annulations d’événements
Reflet de l’inquiétude des autorités, événements sportifs et rassemblements continuent cependant de faire l’objet d’annulation ou report : le marathon de Barcelone prévu le 15 mars se tiendra finalement le 25 octobre. La Hongrie a annulé la célébration de la fête nationale, prévue le 15 mars à Budapest.
Au Canada, les mondiaux féminins de hockey sur glace, qui devaient se dérouler du 31 mars au 10 avril, ont été annulés.
En Arabie saoudite a contrario, Ryad a décidé de rouvrir l’esplanade entourant la Kaaba, lieu le plus saint de l’islam situé au cœur de la Grande mosquée de La Mecque.
De leur côté 13 pays ont fermé leurs établissements scolaires : 300 millions d’élèves dans le monde sont privés d’école pour plusieurs semaines.
Pour l’Organisation mondiale du tourisme, le nombre de touristes dans le monde devrait baisser de 1 à 3% en 2020, soit une perte « de 30 à 50 milliards de dollars« , selon RTBF.

Suisse : le gouvernement mobilise l’armée

L’armée suisse sera mobilisée dans la lutte contre le coronavirus. Les cantons qui ont besoin d’aide peuvent dès à présent déposer une demande. Le Tessin sera le premier à en bénéficier.
La mesure permettra notamment d’épauler les hôpitaux civils et le système de santé actuellement surchargé. Elle répond à une demande du canton du Tessin qui se verra attribuer deux ambulances de l’armée, a indiqué vendredi le ministre de la santé Alain Berset lors d’une conférence de presse à Berne.
D’autres cantons pourraient rapidement faire des demandes. Si les requêtes se poursuivent au-delà de trois semaines, un message ad hoc sera soumis au Parlement.
Jusqu’à 800 membres de l’armée pourront être mobilisés, a précisé le conseiller fédéral. Les autorités civiles s’occuperont des affectations en concertation avec le Département fédéral de la défense de la population (DDPS).
Personnes vulnérables
Le gouvernement a par ailleurs réorienté sa stratégie de lutte et placé au centre de son dispositif les personnes particulièrement vulnérables. Il s’agit des plus de 65 ans et des personnes ayant certaines pathologies comme des affections chroniques des voies respiratoires, une hypertension, un diabète, un déficit immunitaire, une maladie cardiovasculaire ou encore un cancer.
Ce groupe doit éviter les transports publics et les magasins aux heures de pointe. Les manifestations, ainsi que les réunions et les rendez-vous professionnels ou privés qui ne sont pas indispensables, sont aussi à proscrire. Autre comportement à risque pour ces personnes: les visites dans les EMS et les hôpitaux, et les contacts avec des malades.
Le Conseil fédéral a également émis de nouvelles recommandations pour les employeurs. Pour éviter de surcharger les établissements de santé, ils sont appelés à ne pas exiger de certificat médical avant le 5e jour d’absence. Dans la mesure du possible, le temps de travail des collaborateurs doit en outre être flexibilisé afin d’éviter les heures de pointe dans les transports publics.
De manière générale, le gouvernement rappelle qu’il faut garder ses distances avec les autres usagers des transports en commun, aussi dans les gares et aux arrêts de bus. Les voyages de loisirs doivent être réduits. En cas de symptômes, les personnes touchées doivent éviter de prendre les transports publics et ne contacter leur médecin que par téléphone.
Plus de 200 cas confirmés
Les recommandations visent à prévenir ou ralentir la propagation du virus, a rappelé Daniel Koch, responsable de la division Maladies transmissibles de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). « Il est crucial d’être solidaires et de les respecter ».
Actuellement, 181 cas ont été confirmés par le laboratoire de référence de Genève et 29 par un premier laboratoire, soit un total de 210 cas. « En Italie, la situation est bien pire. Nous sommes en marge de l’épidémie », a-t-il relevé.
Daniel Koch a toutefois reconnu qu’il était désormais impossible d’identifier la totalité des chaînes d’infection. Certaines personnes ont par ailleurs été infectées sur sol helvétique. Il ne s’agit plus seulement d’importations. Une augmentation des cas et des décès est probable, a averti de son côté Alain Berset.
Diminution des stocks
Interrogé sur la disponibilité de matériels de protection, Daniel Koch a annoncé que les masques de haute protection FFP2 avaient quasiment tous été distribués aux cantons. « Il reste de petits stocks qui seront utilisés quand ce sera nécessaire ». Et de préciser qu’ils ne sont pas nécessaires lors de simples prélèvements, mais seulement lors de manipulations spéciales.
Quant aux masques chirurgicaux, la moitié d’entre eux a été distribuée. Ils seront principalement utilisés dans les homes et les EMS pour protéger les personnes vulnérables. Berne essaie de renflouer ces stocks, car elle ne produit pas de masques. Les restrictions d’exportation de certains pays producteurs ne touchent cependant pas la Suisse pour le moment, selon Daniel Koch.
Alain Berset a encore indiqué que la Suisse a répondu à l’appel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et débloqué neuf millions de francs pour la lutte contre l’épidémie. Cinq d’entre eux sont destinés au Fonds national pour la recherche et les quatre restants aux organisations internationales du domaine de la santé, selon La Liberté.ch.

L’épidémie de Covid-19 est aussi une crise de la mondialisation

En illustrant à quel point l’économie mondiale dépend de la Chine, le virus pourrait déterminer les futures évolutions de la mondialisation. Shutterstock
Les épidémies n’ont pas attendu l’intensité actuelle des interdépendances économiques pour faire des ravages dans des zones très éloignées. La peste de Justinien, du VIe au milieu du VIIIe siècle, la peste noire au XIVe siècle, ou plus récemment la grippe espagnole ont été des cataclysmes d’ampleur internationale, se développant sur de très longues distances, généralement le long des principales routes commerciales.
Il n’en reste pas moins évident que le brassage accélère la contagion, si bien que l’extension de la présente épidémie a été presque immédiatement internationale, voire mondiale, malgré les efforts des autorités chinoises pour l’endiguer.
Demande et offre simultanément frappées
Les interactions accentuent également ses conséquences économiques, qui affectent d’ores et déjà toutes les grandes économies. Le choc est double, puisque les conséquences de l’épidémie sur les comportements et les mesures prises pour limiter sa contagion réduisent brutalement la consommation, tout en paralysant les transports et une partie de l’activité productive.
À l’autre bout du monde, l’assèchement des arrivées de touristes et l’affaissement des débouchés pour les exportations frappent durement des secteurs entiers, tandis que les interruptions de production laissent craindre des ruptures d’approvisionnement non seulement pour les consommateurs, mais également pour les producteurs ayant recours à des pièces et composants chinois, parfois difficiles à remplacer.
La demande et l’offre sont simultanément frappées, ce qui en fait une crise atypique, d’autant plus que l’importance centrale de la Chine à la fois comme marché et comme producteur lui confère une ampleur sans précédent récent à l’échelle mondiale, pour un évènement dont l’origine est extérieure à la sphère économique et financière.
En illustrant à quel point l’économie mondiale dépend de la Chine, cette épidémie pourrait aussi influer sur sa structuration à l’avenir. Le fait que la division internationale du travail induit des fragilités et que le recours à des fournisseurs très éloignés expose à des perturbations également lointaines n’est pas une découverte.
Une analyse du risque pas assez globale
L’analyse des risques est un élément central des stratégies d’entreprises, qui nécessite de peser les avantages et inconvénients de ce type de choix. Pour autant, les décisions en la matière sont tributaires de la perception des risques et de celle de la fiabilité des marchés. L’épidémie actuelle pourrait bien les changer, d’une façon que l’on peut illustrer par deux parallèles.
Le premier est relatif à la crise financière des subprimes, au cours de laquelle nombre d’acteurs financiers avaient considéré que la titrisation des prêts les rendait moins risqués parce qu’elle permettait une diversification entre de nombreux emprunteurs, sans voir que tous étaient soumis au même aléa d’effondrement du marché immobilier.
Dans le cas présent, les entreprises ne sont-elles pas excessivement focalisées sur une analyse du risque considérant chaque fournisseur individuellement, sans prendre suffisamment la mesure de la probabilité que tous ceux situés dans un même pays ne soient affectés par un même choc ? Cette question est d’autant plus légitime et forte qu’elle est déjà posée par la montée du risque géopolitique au cours des dernières années, y compris sous la forme de guerre commerciale.
Le deuxième parallèle convoque la crise du riz des années 1973-1974. Après une très mauvaise récolte en Asie du Sud-Est provoquée par un épisode El Niño de grande ampleur, les prix ont flambé au début de l’année 1973, avant de provoquer un effondrement pur et simple du marché international du riz pendant neuf mois. Cet épisode dramatique a laissé un souvenir durable dans de grands pays importateurs comme l’Inde ou l’Indonésie, qui ne se sont par la suite plus appuyés sur les marchés internationaux avec la même confiance que précédemment.
La prédominance de la Chine en question
Dans le cas présent, des ruptures d’approvisionnement sont constatées, ou pourront l’être, en raison à la fois de la paralysie de la production chinoise et de la nécessité soudainement démultipliée d’équipements médicaux, de protection en particulier. Ce dernier cas a d’ailleurs amené les autorités chinoises à interdire l’exportation des produits en pénurie, ce qui n’a rien d’anormal au vu de l’interdiction faite par la loi française de modernisation du système de santé de 2016 d’exporter les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur en rupture d’approvisionnement.
Cette situation est exceptionnelle et n’a guère de raison de devenir plus courante, mais elle peut amener à réévaluer les fragilités issues du recours à des sous-traitants ou des filiales lointains et souvent concentrés. C’est l’affaire des entreprises, dans le cadre de leur stratégie de gestion des risques. Cela peut également relever de l’État pour des produits stratégiques, dont la disponibilité relève d’objectifs de politique publique ; outre des équipements de défense, pour lesquels cette remarque tient de l’évidence, cette épidémie pointe le cas des médicaments et des équipements de santé.
Au-delà, c’est la question de la dépendance à la Chine qui est posée, faisant écho à des préoccupations exprimées avec force aux États-Unis depuis plusieurs années, et plus récemment en Europe. Même si la Chine est le premier exportateur mondial de marchandises depuis 2009, la question n’est pas celle de son poids : sa part de marché, de l’ordre de 15 %, est similaire celle des États-Unis au milieu des années 1980 (nettement inférieure à celle d’après-guerre), ainsi qu’à celle du Royaume-Uni au début du XXe siècle, il est vrai dans un commerce moins intense à l’échelle mondiale.
C’est plutôt la prédominance de la Chine dans certains secteurs de haute technologie qui pose question. Dans l’immédiat, elle laisse craindre des pénuries de certains produits et composants électroniques, en particulier ; à terme, elle pose à l’Europe la question de sa capacité à assurer la maîtrise de son destin même dans des situations de crise, c’est-à-dire de son autonomie stratégique. Un débat, là encore, pleinement d’actualité.
L’épidémie de Covid-19 est un phénomène exceptionnel qui n’altère pas profondément et durablement les données de base de la mondialisation. En mettant à l’épreuve d’un choc exceptionnel les perceptions des fragilités et des risques qui lui sont associés, elle pourrait cependant influencer durablement les choix des entreprises et des États. La crise sanitaire est de grande ampleur ; à différents égards, elle est aussi une crise de la mondialisation, selon The Converstaion.

Dix informations rassurantes à propos du coronavirus

Que l’épidémie de COVID-19 soit déclarée pandémie ou non, il est clair que la situation que nous vivons actuellement doit être considérée avec le plus grand sérieux. Le coronavirus SARS-CoV-2 se fiche bien de savoir s’il est à l’origine d’une pandémie : en moins de deux mois, il s’est propagé sur plusieurs continents.
On considère qu’une maladie entre en phase pandémique lorsque sa transmission se fait de manière prolongée, efficace et continue, simultanément au sein de plus de trois régions géographiques différentes. Peut-être sommes-nous donc déjà entrés en phase pandémique en ce qui concerne le COVID-19. Mais cela ne signifie pas pour autant que nous sommes condamnés à mort : le fait qu’un virus soit à l’origine d’une pandémie ne reflète pas sa létalité, mais uniquement sa transmissibilité et son extension géographique.
Une chose est sûre : la peur, en revanche, est bel et bien entrée en phase pandémique. Pour la première fois de l’histoire, nous vivons une épidémie en temps réel. Nous sommes sous perfusion d’informations : partout sur la planète, les médias nous informent de l’évolution de l’épidémie, plusieurs fois par jour, sept jours sur sept. Nous sommes tenus au courant en direct de chaque nouveau cas. Le fait que le coronavirus a muté trois fois au Brésil a même fait la une des journaux !
J’insiste, nous faisons face à un grave problème. Cependant, il faut se souvenir que l’une des premières victimes du coronavirus aura été l’économie. S’il est important de rendre compte de l’évolution de la situation, il faut également mettre l’accent sur les informations positives. Et elles existent aussi : voici dix bonnes nouvelles concernant le coronavirus.
  1. Nous savons ce qui est à l’origine de la maladie
Après la description des premiers cas de sida en juin 1981, plus de deux ans ont été nécessaires pour identifier le virus à l’origine de la maladie, le VIH. Concernant le nouveau coronavirus, les premiers cas de pneumonie sévère ont été signalés en Chine le 31 décembre 2019. Le 7 janvier, le virus responsable avait déjà été identifié. Au jour 10, la séquence de son génome était disponible.
Nous savons déjà qu’il s’agit d’un coronavirus appartenant au groupe 2B, autrement dit de la même famille que le SRAS, et nous lui avons donné un nom : SARS-CoV-2. La maladie qu’il provoque est elle aussi baptisée : Covid-19. Ce nouveau virus est apparenté à un coronavirus de chauves-souris. Les analyses génétiques ont confirmé qu’il est d’origine naturelle, qu’il a émergé récemment (entre fin novembre et début décembre), et que, bien que les virus s’adaptent en mutant, la fréquence de mutation du SARS-CoV-2 n’est pas très élevée.
2. Nous savons comment détecter le coronavirus
Dès le 13 janvier, un test RT-PCR permettant de détecter le virus a été rendu accessible à tous. Ces derniers mois, les tests de ce type ont été perfectionnés, et leur sensibilité et spécificité évaluées.
3. En Chine, la situation s’améliore
Les importantes mesures de contrôle et d’isolement imposées par la Chine portent leurs fruits : le nombre de cas diagnostiqués quotidiennement diminue depuis plusieurs semaines.Dans d’autres pays, un suivi épidémiologique détaillé est en cours. Les flambées du nouveau coronavirus sont très spécifiques, ce qui peut permettre de les contrôler plus facilement. C’est par exemple le cas en Corée du Sud ou à Singapour.
4. 81 % des cas sont bénins
La maladie ne provoque aucun symptôme ou est bénigne dans 81 % des cas. Dans 14 % des cas, elle peut provoquer une pneumonie sévère et dans les 5 % restant, elle peut devenir critique, voire mortelle.
5. Les gens guérissent
Les médias ont parfois tendance à ne rendre compte que de l’augmentation du nombre de cas confirmés et du nombre de décès. Néanmoins, la majorité des personnes qui ont été infectées sont guéries. On dénombre en effet 13 fois plus de guérisons que de décès, et cette proportion est en augmentation.
6. Les enfants ne sont (presque) pas affectés
Seul 3 % des cas concernent des jeunes de moins de 20 ans, et la mortalité chez les personnes de moins de 40 ans n’est que de 0,2 %. Chez les enfants, les symptômes sont si légers qu’ils peuvent passer inaperçus.
7. Le coronavirus est facilement inactivé
Le virus peut être efficacement inactivé en nettoyant pendant une minute les surfaces contaminées avec une solution d’éthanol (alcool à 62-71 %), de peroxyde d’hydrogène (« eau oxygénée » à 0,5 %) ou d’hypochlorite de sodium (eau de javel à 0,1 %). Le lavage fréquent des mains avec du savon et de l’eau est le moyen le plus efficace pour éviter les transmissions.
8. Il existe déjà plus de 250 articles scientifiques sur le nouveau coronavirus
L’heure est à la science et à la coopération. En à peine plus d’un mois, 164 articles mentionnant les termes Covid-19 ou SARS-CoV-2 ont été référencés dans la base de données bibliographique PubMed, qui fait référence pour les sciences biomédicales. De nombreuses autres publications ont également été référencées dans des dépôts d’articles encore non revisés. Ces travaux préliminaires traitent de vaccins, de thérapies, d’épidémiologie, de génétique et de phylogénie, de diagnostic, d’aspects cliniques, etc. Ils ont été élaborés par environ 700 auteurs, répartis partout sur la planète. Il s’agit de science coopérative, partagée et ouverte. En 2003, lorsque le SRAS est survenu, il a fallu plus d’un an pour obtenir un nombre d’articles moitié moindre. Qui plus est, cette fois-ci la plupart des revues scientifiques ont laissé leurs publications traitant du coronavirus en libre accès.
9. Il existe déjà des prototypes de vaccins
Notre capacité à concevoir de nouveaux vaccins est spectaculaire. Plus de huit projets ciblant le nouveau coronavirus ont déjà été montés. Proposer un prototype de vaccin va très vite. Certains groupes qui travaillaient sur des projets de vaccination contre des virus similaires au SARS-CoV-2 n’ont eu qu’à réorienter leurs recherches vers ce nouveau virus. Le développement est cependant ralenti par les indispensables tests visant à évaluer la toxicité ou les effets secondaires potentiels des candidats-vaccins, ainsi que leur sécurité, leur immunogénicité (capacité à induire une réponse immunitaire) et l’efficacité de la protection qu’ils confèrent. Plusieurs mois ou années pourraient donc s’avérer nécessaires pour aboutir à un vaccin commercialisable, mais des prototypes sont déjà en cours de mise au point.
C’est par exemple le cas du vaccin ARNm-1273 de Moderna, qui consiste en un fragment d’ARN messager permettant de produire une protéine dérivée de la glycoprotéine S de surface du coronavirus. La société Moderna avait déjà travaillé sur des prototypes similaires pour d’autres virus tels que le virus respiratoire syncytial (VRS, ou HRSV pour Human Respiratory Syncytial Virus), le métapneumovirus humain, le virus parainfluenza de type 3, le virus de la grippe A(H7N9), le cytomegalovirus, le virus Zika ou le virus d’Epstein-Barr.
La société Inovio Pharmaceuticals a quant à elle annoncé travailler sur un vaccin à ADN synthétique ciblant le nouveau coronavirus. Baptisé INO-4800, il est également basé sur le gène de la glycoprotéine S de surface du virus.
De son côté, Sanofi utilisera sa plate-forme d’expression de baculovirus recombinants pour produire de grandes quantités de l’antigène de surface du nouveau coronavirus.
Le « groupe vaccin » de l’Université du Queensland, en Australie, a quant à lui annoncé qu’il travaillait déjà sur un prototype utilisant la technique appelée « pince moléculaire » (« molecular clamp »). Cette nouvelle technologie consiste à créer des molécules chimériques capables de maintenir la structure tridimensionnelle originelle de l’antigène viral. Cela permet de produire des vaccins en un temps record, en utilisant le génome du virus.
Une autre société de biotechnologie, Novavax, a également annoncé mener des travaux sur le coronavirus. Elle possède une technologie permettant de produire des protéines recombinantes assemblées en nanoparticules qui, avec leur propre adjuvant, constituent de puissants immunogènes. En Espagne, le groupe de Luis Enjuanes et Isabel Sola, du CNB-CSIC, travaille depuis des années sur des vaccins contre les coronavirus.
Certains de ces prototypes seront bientôt testés chez l’être humain.
10. Plus de 80 essais cliniques concernant des antiviraux sont en cours
Les vaccins sont préventifs. Dans l’immédiat, il est important de mettre au point des traitements permettant de soigner les personnes déjà malades. Plus de 80 essais cliniques visant à évaluer l’efficacité de traitements contre le coronavirus sont en cours. Il s’agit d’antiviraux qui ont été utilisés dans le cadre d’autres infections, qui sont déjà approuvés, et que nous savons sûrs.
Le remdesivir fait partie de ces antiviraux déjà testés chez l’être humain. Cet antiviral à large spectre, toujours à l’étude, a été employé contre Ebola et les coronavirus SRAS et MERS. Il s’agit d’un analogue de l’adénosine. Incorporé dans la chaîne d’ARN viral, il inhibe sa réplication.
La chloroquine est une autre candidate. Ce médicament antipaludéen s’est aussi révélé avoir une puissante activité antivirale. On sait que la chloroquine bloque l’infection virale en augmentant le pH de l’endosome (une sorte de petite structure sphérique délimitée par une membrane), nécessaire à la fusion du virus avec la cellule, inhibant ainsi son entrée. Il a été prouvé que ce composé bloque le nouveau coronavirus in vitro. La chloroquine est déjà utilisée chez des patients atteints de pneumonie causée par coronavirus.
Le Lopinavir et le Ritonavir sont deux inhibiteurs de protéase utilisés comme traitement antirétroviral dans la lutte contre le VIH, dont ils inhibent la maturation finale. Étant donné que la protéase du SARS-Cov-2 s’est avérée similaire à celle du VIH, cette combinaison a déjà été testée chez des patients atteints du coronavirus.
Parmi les autres essais proposés, certains sont basés sur l’utilisation de l’oseltamivir (un inhibiteur de la neuraminidase utilisé contre le virus de la grippe), de l’interféron bêta-1b (une protéine à fonction antivirale), d’antisérums de personnes déjà rétablies ou d’anticorps monoclonaux pour neutraliser le virus. De nouvelles thérapies mettant en œuvre des substances inhibitrices ont aussi été proposées, telle que la baricitinib, un médicament déjà autorisé dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde dont l’efficacité potentielle contre le coronavirus a été identifiée grâce à l’intelligence artificielle.
En 1918, la pandémie de grippe avait fait plus de 25 millions de morts en moins de 25 semaines. Est-ce qu’une telle situation pourrait se reproduire aujourd’hui ? Probablement pas. En effet, jamais dans notre histoire nous n’avons été mieux préparés à lutter contre une pandémie.
 Comment le coronavirus réhabilite la pyramide des besoins de Maslow                          
En 1943, la très sérieuse revue américaine Psychological Review a publié un article proposant une théorie dont l’auteur, Abraham Maslow, allait devenir mondialement célèbre grâce à une pyramide. En effet, l’emblématique pyramide de Maslow – ou pyramide des besoins – est tellement connue que lorsque l’on s’amuse à taper « pyramide » dans le moteur de recherche Google, elle arrive dans le trio de tête des suggestions, bien avant Gizeh !
Cependant, la notoriété de l’outil ne vient pas tant de sa propension à expliquer les comportements humains, notamment de consommation, que des critiques qu’elle a reçues depuis sa création. Maslow a pourtant élaboré son modèle jusqu’à sa mort, en 1970. Nonobstant ces efforts, la fameuse pyramide, dont voici une représentation ci-dessous, continue de révéler ses limites plutôt que ses contributions. Mais avant d’en expliquer les raisons, présentons-la rapidement.
Lorsqu’Abraham Maslow, psychologue américain considéré comme le père de l’approche humaniste aux côtés de Carl Rogers, James Bugental ou encore Rollo May, propose son modèle, il part du principe que les besoins humains s’organisent en cinq catégories. Là où le bât blesse, c’est lorsque l’auteur soutient que l’être humain ne s’engage à combler un type de besoin que lorsque le précédent a été satisfait.
Théoriquement, personne ne devrait donc créer de relation amoureuse sans avoir d’abord trouvé de quoi se nourrir physiquement, ni appartenir à un groupe social sans s’être d’abord assuré d’être en sécurité. Sauf que dans la réalité, ce séquençage ne fonctionne pas.
Un modèle obsolète ?
Au début des années 1980, le modèle Foote-Cone-Belding » (FCB) est notamment venu bousculer la théorie de Maslow. Cette matrice distingue les comportements d’achat intellectuels (réfléchis) des comportements d’achat émotionnels (impulsion), le tout selon un degré d’implication du consommateur lié à son budget, à la durée de vie du produit, à la valeur accordée à l’achat, etc.
Les auteurs soulignent que, si le modèle de Maslow était vérifié, nous n’achèterions presque jamais de produits de luxe et les achats d’impulsion seraient inexistants tant que nous n’aurions pas déjeuné, ce qui n’est pas le cas. Les consommateurs sautent facilement un repas pour faire les soldes, appeler une personne chère ou acheter un produit non vital mais que le corps réclame en urgence, par exemple un paquet de cigarettes.
De même, on peut rechercher l’amour pour se sentir en sécurité dans des standards sociaux (niveau 3 puis 2) ou avoir l’ambition de l’accomplissement de soi avant de trouver l’amour, une maison, voire de quoi se nourrir correctement en travaillant des heures d’affilée sans sommeil ni apport calorique raisonnable (le niveau 5 passe alors avant tous les autres).
Malgré la pertinence des besoins qu’elle identifie, le séquençage de la pyramide de Maslow ne fonctionne donc pas. Sauf que cette conclusion s’insère dans un contexte politiquement et psychologiquement stable.
Le Covid-19 rebat les cartes
Dans le contexte instable de ce début d’année 2020, le Covid-19 apparaît comme un point d’inflexion remarquable qui rebat les cartes de la hiérarchie des besoins. Remarquable car il concerne la totalité de la population mondiale, sans distinction de niveau social, de goûts de consommation, d’âge ou de genre. Mais surtout, car il réhabilite la pyramide de Maslow en replaçant la sécurité à la base de la hiérarchie des besoins, au niveau 2, après les besoins physiologiques.
Les besoins d’appartenance, d’estime ou d’accomplissement (niveaux 3, 4 et 5) repassent donc après, comme l’illustrent les conséquences observables de la propagation du coronavirus.
En Chine, le confinement et la crainte de la contamination ont considérablement réduit toute activité, comme l’illustre notamment la chute drastique du niveau de pollution dans la zone géographique autour de Wuhan.
De même, les acteurs sont contraints de repenser leur activité : les circuits longs se raccourcissent, les marques de luxe, rassurantes en termes de valeur, perdent peu à la bourse et des marques telles que Veolia (traitement de l’eau), Carrefour (il faut se nourrir) ou encore Engie (l’énergie est un besoin fondamental) tirent leur épingle du jeu.
Ce basculement s’observe également à l’échelle comportementale. Point d’inflexion suprême, on ne se saluera désormais plus au travers d’une bise ou d’une poignée de mains, ce qui risque de s’ancrer dans les coutumes occidentales si le danger sanitaire devait persister.
Désormais, rien d’autre ne compte que de survivre : les denrées alimentaires sont redevenues la priorité (niveau 1 de la pyramide) afin de pouvoir rester confiné chez soi, en sécurité (niveau 2) et ne pas être contaminé. Le besoin d’appartenance conforte sa place au niveau 3 : une fois que la survie et la sécurité sont assurées, on a besoin de prendre des nouvelles de ses proches, notamment s’ils sont en voyage, en zone critique ou, pire, en quarantaine. Quant à la reconnaissance et à l’accomplissement de soi (niveaux 4 et 5), cela viendra en temps voulu.
Ainsi, de la même manière que l’augmentation du prix de l’or envoie un signal de défiance aux marchés financiers, le fait que le séquençage originel de la pyramide de Maslow fonctionne indique que la planète va mal. Sa réhabilitation devrait donc vraiment nous faire réfléchir à nos priorités, évidemment en période de crise ou de conflit, mais surtout lorsque le ciel est bleu, selon The Conversation.

Avec le coronavirus, le télétravail commence à se déployer

dans les entreprises

Avec l’épidémie de coronavirus, le gouvernement encourage les entreprises des zones touchées à pratiquer le télétravail au maximum.
La crainte autour de la propagation du coronavirus grandit et le monde de l’entreprise tente de s’adapter au mieux. Alors que l’épidémie a dépassé mercredi la barre des 257 cas sur le territoire français, et a provoqué 4 décès, le gouvernement a présenté vendredi un ensemble de mesures destinées à l’information des travailleurs. La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a appelé les entreprises à « adapter les conditions de travail, en télétravail ou en arrêt de travail », et ce particulièrement dans les zones touchées de l’Hexagone. Ainsi, les employeurs peuvent désormais mettre en place le télétravail sans l’accord du salarié. Une mesure notamment inscrite dans le Code du travail : « En cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie, ou en cas de force majeure, la mise en œuvre du télétravail peut être considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés », détaille l’article L1222-11.
Près de 600 salariés du groupe Merck à Molsheim (Bas-Rhin) pratiquent actuellement le télétravail au moins jusqu’à la fin de la semaine, à la suite de la contamination d’une employée par le Covid-19, a annoncé le groupe pharmaceutique. « À titre de précaution », la direction du site de Molsheim a « demandé à l’ensemble des salariés dont le poste le permet, de travailler depuis leur domicile jusqu’à nouvel ordre », selon un communiqué. Cette mesure touche environ un tiers des effectifs et concerne des personnes travaillant dans les fonctions administratives et de support et « déjà habituées à travailler en télétravail ». En revanche, les employés des activités de production de différents dispositifs de microbiologie, de systèmes de filtration d’eau ou d’équipements de contrôle pour les industries pharmaceutique et agroalimentaire continuent eux à travailler sur le site.
De manière plus préventive, des entreprises qui ne comptent pas de personnes contaminées dans leurs équipes mettent toutefois en place des mesures de précaution. C’est le cas du Crédit Lyonnais. « On demande à nos collaborateurs qui reviennent d’une zone à risque de respecter une période de quarantaine de quatorze jours et de pratiquer le télétravail. Si ce n’est pas possible on demande un arrêt de travail. Par ailleurs, on a demandé à reporter l’ensemble des rassemblements de plus de 100 collaborateurs et de privilégier au maximum les outils de travail à distance, à l’image de Skype pour faire des réunions, par exemple », détaille au Figaro l’établissement bancaire. Le recours au télétravail dans les entreprises en France ne semble pas pour le moment massif.
«Au vu de la situation sanitaire, il devrait y avoir de la part des entreprises une certaine ouverture»
Si l’employeur peut imposer le télétravail à ses salariés, la réciproque n’est pas vérifiée pour autant. « Le Code du travail stipule que l’employeur peut décider ou non d’introduire le télétravail. De son côté, le salarié peut proposer de se mettre en télétravail mais aucun article ne permet d’accepter automatiquement une telle demande. Toutefois, au vu de la situation sanitaire, il devrait y avoir de la part des entreprises une certaine ouverture », explique au Figaro Maître David Jonin, avocat associé au cabinet Gide Loyrette Nouel et spécialiste du droit du travail. Toutefois, les ordonnances de 2017 à la suite de la réforme du Code du travail ont renforcé la place du salarié. « Avant, quelqu’un qui voulait télétravailler demandait à son employeur qui pouvait refuser sans motif. Aujourd’hui la loi prévoit que le télétravail est un droit : quelqu’un peut donc demander le télétravail et si l’employeur refuse il doit justifier son refus. Ce qui change la donne », explique au Figaro Benoit Serre, vice-président de l’Association Nationale des DRH.
Avec les grèves provoquées par le mouvement contre la réforme des retraites, les entreprises ont déjà vécu un premier round de déploiement massif du télétravail. « La grève a préparé les entreprises et a permis qu’elles s’organisent », décrypte Benoit Serre. « Si la phase trois du Coronavirus est déclenchée, il y a de fortes chances que le télétravail se généralise de manière assez large dans les semaines à venir. Et les dernières grèves ont eu pour conséquence de préparer un bon nombre d’entreprises », analyse David Jonin.
Au-delà de l’Hexagone, les géants des technologies Twitter et Google ont demandé à leurs employés de pratiquer le télétravail afin de limiter la propagation du coronavirus, dont l’épidémie a déjà contaminé plus de 92.000 personnes à travers le monde. « Nous encourageons fortement tous nos employés dans le monde à travailler de chez eux s’ils le peuvent », a annoncé la responsable des ressources humaines de Twitter Jennifer Christie dans un communiqué posté sur le blog de l’entreprise. De son côté, Google a demandé mardi par précaution aux employés de son siège européen à Dublin de travailler de chez eux car l’un d’entre eux présentait des symptômes grippaux. Ils devraient toutefois retourner à leurs bureaux dès mercredi, selon Le Figaro.

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