CHLOROQUINE ET COVID-19: DIDIER RAOULT, CHERCHEUR ATYPIQUE

Courrier tunisien – 24 Mars 2020 – 11:44 – 
Didier Raoult est à la tête du plus grand centre dédié aux maladies infectieuses en France, l’IHU Méditerranée Infection, à Marseille. On lui doit la découverte des premiers virus géants et, récemment, une étude sur le traitement à l’hydroxychloroquine pour venir à bout du Covid-19. Enquête sur ce scientifique controversé.
« C’est un chercheur génial« , s’exclame un généticien qui le connaît bien. Didier Raoult est un chercheur reconnu internationalement que rien ne destinait à une telle carrière. Mauvais élève, il quitte Marseille à 17 ans pour s’embarquer sur un bateau sans penser à y revenir. Il veut décider de sa vie. Il passe son bac à distance. Un bac littéraire. Il fera pourtant des études de médecine, « les seules que mon père acceptait de financer », rappelle-t-il. Un profil atypique. C’est un esprit libre qui n’aime rien mieux que de fouler des chemins peu empruntés. De son propre aveu, il « fuit les autoroutes scientifiques ».
C’est ainsi que, tout au long de sa carrière, Didier Raoult étudié des sujets auxquels peu d’équipes s’intéressent. Expert de la maladie de Whipple et de la bactérie Q, il a reçu des malades du monde entier. Son terrain de jeu, ce sont les bactéries. En étudiant leur façon d’infecter des organismes hôtes, il découvre, après un an et demi de perplexité, le premier virus géant. Il reçoit en 2010 le Grand Prix de l’Inserm et figure dans le classement Thomson-Reuters des chercheurs les plus influents au monde.
Didier Raoult est également décrit par la plupart de ces confrères comme « très intelligent, un gros bosseur qui travaille vite et qui a apporté beaucoup à la science ». II est aussi une personne « atypique, qui peut agacer », ajoutent-ils. Il a signé dans Le Point et dans Les Échos, jusqu’à récemment, des chroniques volontairement à contre-courant du reste du corps médical. Rien ne l’amuse plus que « de détruire des théories bien établies », explique-t-il lors de sa remise de prix INSERM.
Un proche ajoute : « C’est vrai qu’il peut dire des conneries« . Lors de la promotion de son livre « Arrêtons d’avoir peur », paru en 2016, aux éditions Laffont, Didier Raoult s’affiche ouvertement climato-sceptique sur France Inter dans La Tête au Carré : « Il est vraisemblable qu’une partie de l’activité humaine ait aidé à générer le réchauffement du climat, mais je suis sceptique et le futur est imprévisible ». Pour un journaliste qui le connaît bien, ces propos sont « de la provocation. Il pousse un peu le rôle qu’il s’est donné. C’est comme son look improbable. »
Son mandat à la tête de l’université Aix-Marseille n’a pas laissé que de bons souvenirs. De même que son management de l’unité URMITE. En 2017, une douzaine de chercheurs de son unité dénoncent, dans une lettre, des tensions au sein de son équipe, dont une accusation de harcèlement sexuel de la part d’un cadre. Le professeur Raoult a minimisé ces accusations.
La bataille de deux egos
En 2017, il exprime publiquement son différend avec le PDG de l’Inserm d’alors, Yves Lévy, qui est aussi le mari de la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Le conflit porte sur le statut des instituts hospitalo-universitaires. La ministre a décidé de le changer, en accord avec sa collègue, la ministre de la Recherche, Frédérique Vidal.
Yves Lévy veut mettre fin au statut de fondation de ces instituts, qui leur donne trop de liberté. La décision gouvernementale les transforme en groupes d’intérêts publics, ce qui renforce le poids de l’Inserm. Mais Didier Raoult refuse ce statut. Il estime dans la presse qu’il y a un conflit d’intérêt patent entre la décision de la ministre et la position du PDG de l’Inserm. Matignon s’en mêlera…
« C’était la bataille de deux égos. Raoult et Lévy ont un ego sur-dimensionné. Ça coûté à Raoult le label Inserm que Lévy lui a refusé sans explication », estime un observateur. « Et cette absence de label le décrédibilise aux yeux de l’establishment scientifique », selon France Inter.
Quatre questions sur la chloroquine
Des spécialistes s’insurgent contre la promotion, par le professeur Didier Raoult, spécialiste des maladies infectieuses à Marseille, de ce médicament antipaludique.
La chloroquine, un remède miracle contre le coronavirus ? Le professeur Didier Raoult le proclame partout, après avoir testé ce médicament antipaludique sur 24 patients. Selon lui, les trois quarts étaient guéris au bout de six jours.
Le chercheur, qui fait partie du conseil scientifique chargé d’éclairer l’exécutif sur la pandémie, a d’ailleurs convaincu le gouvernement de tester plus largement ce médicament. Et le ministre de la Santé, Olivier Véran, a donné son feu vert, le 17 mars, « pour qu’un essai plus vaste par d’autres équipes puisse être initié dans les plus brefs délais sur un plus grand nombre de patients ». Lundi 23 mars, le ministre a annoncé qu’il allait prendre un arrêté pour « encadrer » l’utilisation de la chloroquine, qui sera « accessible aux équipes médicales hospitalières » uniquement pour traiter des « formes sévères » et sur « décision collégiale des médecins ».
Mais sans recul ni étude validée, certains scientifiques ne comprennent pas que la chloroquine soit déjà présentée comme l’arme suprême pour lutter contre le coronavirus. Explications.
1- Qui prône l’usage de la chloroquine ?
Le professeur Didier Raoult est un spécialiste incontesté des infections. Et il se dit « convaincu de la pertinence de l’hydroxychloroquine pour traiter les patients atteints de Covid-19 », indique le quotidien régional La Provencesamedi 21 mars.
Le médecin se montre encore plus affirmatif dans une interview au Parisien« Avec mon équipe, nous estimons avoir trouvé un traitement. Et sur le plan de l’éthique médicale, j’estime ne pas avoir le droit, en tant que médecin, de ne pas utiliser le seul traitement qui ait jusqu’ici fait ses preuves. Je suis convaincu qu’à la fin, tout le monde utilisera ce traitement. C’est juste une question de temps avant que les gens acceptent de manger leur chapeau et de dire : ‘C’est ça qu’il faut faire’« , assure-t-il, disant n’attendre « rien » de nouveau « des essais.
2 – Pourquoi le professeur Didier Raoult estime-t-il que ce médicament est efficace ?
Se présentant comme une « star mondiale dans son monde », Didier Raoult affirme à La Provence que, sur 24 patients qu’il a suivis dans son essai clinique, « après six jours de traitement », « 75% des patients sont guéris du virus« . Interrogés sur les « 25% de cas » qui sont toujours positifs, il affirme  « n’avoir pas eu d’aggravation dans les cas traités ».
Sauf que si on entre davantage dans les détails, Didier Raoult prône, en fait, l’association de deux médicaments : le chloroquine (hydroxychloroquine, connu sous son nom de médicament, le Plaquenil) , et un antibiotique appelé l’azithromycine.
3 – Pourquoi son efficacité est-elle sujette à caution ?
Pour une raison simple : il n’y a pas encore d’étude conduite dans les règles de l’art qui viennent prouver cette efficacité. Tout en autorisant des essais plus larges, le 17 mars, le ministre de la Santé, Olivier Véran, l’a rappelé : « Il est absolument fondamental d’asseoir toute décision de politique publique en santé sur des données scientifiques validées, et les processus de validation, on ne peut pas négocier avec. » Autrement dit, « il est pour le moment difficile de se prononcer sur l’efficacité d’un traitement antipaludique à base de chloroquine contre le coronavirus », résume l’Inserm, sur sa page contre les « Fake news ».
« Si la possibilité de pouvoir utiliser des traitements antipaludiques sûrs, déjà bien connus et peu coûteux chez les patients atteints de coronavirus est intéressante, il est primordial d’avoir une visibilité sur des données issus d’essais cliniques impliquant des patients infectés par SARS-Cov-2, publiées et donc rendues accessibles à la communauté scientifique internationale », poursuit l’Inserm. En clair : il est trop tôt pour se prononcer.
Pour le même motif, Karine Lacombe, infectiologue et cheffe de service à l’hôpital Saint-Antoine à Paris, explique à France 2, « écœurée », que le Dr Raoult « expose les gens à un faux espoir ».  « Cet essai est contestable et ne montre absolument rien sur le plan scientifique, s’indigne-t-elle. Ce qui se passe à Marseille est scandaleux. Utiliser un médicament comme ça hors autorisation de mise sur le marché en exposant les personnes qui le prennent à des complications sans avoir vérifié les conditions d’utilisation de base, c’est en dehors de toute démarche éthique. Même si ce médicament peut potentiellement avoir une activité (…), on ne peut pas le donner comme ça à n’importe qui dans n’importe quelles conditions, hors base scientifique correcte. Il faut faire extrêmement attention.« 
4 – Quand saura-t-on si ça marche ?
L’étude sur la chloroquine menée en France ailleurs qu’à Marseille donnera des résultats d’ici à quinze jours, selon le ministère de la Santé. Elle s’inscrit dans le cadre d’un essai clinique européen destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux pour lutter contre le coronavirus. Baptisée « Discovery », cet essai « a pour but d’analyser l’efficacité et la tolérance des options thérapeutiques pour les patients dans un temps limité », explique l’Inserm dans un communiqué, dimanche 22 mars.
Outre la chloroquine, cet essai européen doit évaluer le remdesivir, le lopinavir en combinaison avec le ritonavir, ce dernier traitement étant associé ou non à l’interféron bêta. Dans son volet français, l’essai inclura au moins 800 patients atteints de formes sévères du coronavirus. Au total, quelque 3 200 patients européens seront inclus dans l’étude qui associe la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne. Les données obtenues seront partagées avec un autre essai international baptisé « Solidarity« , conduit sous l’égide de l’Organisation mondiale de la Santé. Il convient donc désormais d’attendre les résultats validés, selon France Info.
Prix, essais cliniques, enthousiasme de Trump, étude chinoise: la chloroquine en sept questions
C’est la molécule dont on parle dans le monde entier. Depuis une étude réalisée par Didier Raoult, la chloroquine et son dérivé l’hydroxychloroquine représentent un espoir de traitement contre le coronavirus. Mais les zones d’ombre et les points d’interrogation sont encore très nombreux.
Qu’est-ce que la chloroquine et à quoi sert-elle?
La chloroquine (commercialisée sous le nom de Nivaquine) est un vieux médicament utilisé depuis 70 ans. Ce médicament est principalement utilisé “dans le traitement préventif et le traitement curatif du paludisme”, précise le site Vidal.fr, référence sur les questions de santé. Il en existe également un dérivé, l’hydroxychloroquine (Plaquénil), notamment prescrit pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde ou du lupus.
Combien ça coûte ?
L’un des avantages de cette molécule, c’est qu’elle est bon marché, la molécule étant tombée dans le domaine public. C’est ce qu’a pointé le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, ce dimanche sur France Inter. Selon la base de données publique des médicaments, 10 plaquettes de 10 comprimés de Nivaquine coûteraient 5,57 euros soit environ 5 centimes le comprimé. Comptez 5,19 euros pour une boite de Plaquenil.
Que conclut l’étude chinoise sur la chloroquine ?
Une étude chinoise a été publiée le 19 février. Elle porte sur un essai clinique mené dans une dizaine d’hôpitaux chinois pour mesurer « l’efficacité de la chloroquine sur le traitement de pneumonies associées au Covid-19 ». Elle a donné des résultats encourageants avec des essais sur « plus de 100 patients » sans qu’on ne connaisse néanmoins les détails sur le profil des patients.
D’après les scientifiques auteurs de l’étude, le phosphate de chloroquine s’est révélé « plus efficace que le traitement reçu par le groupe comparatif pour contenir l’évolution de la pneumonie, pour améliorer l’état des poumons, pour que le patient redevienne négatif au virus et pour raccourcir la durée de la maladie ».  Cette étude – très succincte – a été publiée dans la revue BioScience Trends de façon préliminaire, c’est-à-dire sans avoir été validée par un comité d’experts scientifiques. De plus, elle ne donne pas de chiffres permettant de quantifier l’efficacité de la molécule par rapport au traitement administré au groupe témoin.
Quelles sont les limites pointées par certains médecins ?
La méthodologie de l’essai mené par Didier Raoult a été critiquée, notamment par le biologiste moléculaire Olivier Belli. Sur son blog, il pointe du doigt le faible nombre de patients testés et l’exclusion de certains malades avant la fin de l’étude (« alors que leur cas leur cas suggère clairement un échec du traitement »). Il accuse ainsi le médecin marseillais d’avoir « propagé des graphistes sensationnalistes sur sa ‘découverte’, ne prenant en fait en compte que 4 patients du groupe contrôle et laissant arbitrairement les autres de côté ». 
Sur France Inter ce mardi, le Dr Philippe Klein, médecin Français basé à Wuhan a exprimé ses doutes sur l’efficacité de la chloroquine. « Aujourd’hui nous avons près de 15.000 morts sur la planète. Je ne pense pas que les médecins italiens ou chinois soient suffisamment stupides pour avoir laissé de côté une molécule miraculeuse », a-t-il déclaré, soulignant que si certaines associations de médicaments ont fait leurs preuves sur certains malades, elles ne fonctionnent pas sur d’autres.
D’autres médecins ont également mis en garde contre le risque d’automédication lié à ces annonces, rappelant les effets indésirables de la molécule. Le professeur Raoult lui-même insiste sur le besoin d’être suivi par un médecin.
« En l’état actuel, les données sur l’hydroxychloroquine ne montrent pas son efficacité quand on applique les standards internationaux. Ça ne veut pas dire que le traitement ne marche pas : il faut qu’on montre qu’il marche », martèle de son côté Karine Lacombe, cheffe du service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris.
Philippe Juvin, chef du service des urgences à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris, a appelé lundi à faire “très rapidement” la lumière sur l’efficacité de la chloroquine face au Covid-19. « Le véritable sujet, c’est qu’on n’a pas de traitement contre cette maladie », a-t-il souligné, avant d’appeler à une production massive du produit, dès maintenant.
Quels sont les effets indésirables de la chloroquine ?
Des médecins mettent en garde contre le risque d’automédication lié à ces annonces, rappelant les effets indésirables de la molécule. « Il faut faire attention car la chloroquine (…) a un certain nombre d’effets indésirables (…), affections du système immunitaire, affections gastro-intestinales, nausées, vomissements, des troubles au niveau hépatique voire hématologique », juge le professeur Jean-Paul Giroud, l’un des spécialistes les plus reconnus en pharmacologie et membre de l’Académie nationale de Médecine.

l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn
La chloroquine a-t-elle été restreinte par l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn début janvier?
C’est une thèse qui a connu une forte viralité sur les réseaux sociaux. Selon plusieurs internautes, l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn  est à l’origine d’une restriction de la chloroquine. Sur les réseaux sociaux, la copie écran d’un arrêté signé début janvier 2020 par Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, circule comme « preuve ». 
Cet arrêté, bien réel, indique que l’hydroxychloroquine a été classée « sur la liste II des substances vénéneuses ». Mais il s’agit d’une succession d’erreurs de compréhension, comme nous l’avons expliqué dans un précédent article. Premièrement, l’hydroxychloroquine est un dérivé de la chloroquine. Cette dernière est classée sur cette même liste II depuis plus de 20 ans. Deuxièmement, les substances vénéneuses ne sont pas des molécules interdites, comme plusieurs posts le laissent penser.
Cela indique toutefois la présence de principes actifs dangereux pour l’organisme dans les produits classés sur cette liste. Mais les produits en questions peuvent toutefois entrer dans la composition d’un médicament avec un dosage non nocif et une prescription bien précise, sur ordonnance, précisent plusieurs articles du Code de la santé publique (CSP).
Agnès Buzyn est elle-même, hématologueprofesseure des universités – praticienne hospitalière et femme politique française.
Spécialiste d’hématologie, d’immunologie des tumeurs et de transplantation, Agnès Buzyn a effectué l’essentiel de sa carrière de médecin et d’enseignant-chercheur à l’université Paris-Descartes (Paris-V) et à l’hôpital Necker.
Sous la présidence d’Emmanuel Macron, elle est ministre des Solidarités et de la Santé au sein du premier et du second gouvernement Édouard Philippe. Elle quitte le gouvernement après le retrait de Benjamin Griveaux de la campagne pour les élections municipales de 2020 à Paris, afin de lui succéder comme tête de liste LREM.
Elle épouse en secondes noces Yves Lévy, directeur général de l’Inserm.
Le 17 mars 2020, deux jours après le premier tour des élections municipales, Agnès Buzyn affirme au Monde avoir alerté l’exécutif de la gravité de la Covid-19 dès janvier 2020 et malgré tout fait le choix de se porter candidate à la mairie de Paris par fidélité politique au mouvement LREM. Elle estime que le scrutin n’aurait pas dû se tenir, le qualifiant de « mascarade ». Ses déclarations suscitent les critiques de la classe politique, qui se demande pourquoi elle et le reste de l’exécutif n’ont pas agi si elle avait connaissance du risque d’épidémie, selon Wikipédia.
Pourquoi Donald Trump est-il si enthousiaste ?
Le président américain n’a pas caché son enthousiasme. “Je pense que cela va changer la donne !” Jeudi 19 mars, Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient “pouvoir rendre le médicament disponible immédiatement”.
Mais cette fois encore, il avait parlé un peu vite. Le patron de la FDA, l’agence fédérale de pharmacovigilance, a dû modérer les ardeurs présidentielles en rappelant que l’utilisation de la chloroquine pour soigner le coronavirus n’avait pas été approuvée, et qu’il fallait passer par un test clinique plus large. Il a mis en garde contre le risque de générer « de faux espoirs » au sein de la population.
L’industrie du médicament n’a pas attendu pour se mettre en ordre de marche. L’israélien Teva a annoncé vendredi qu’il allait fournir gratuitement aux hôpitaux américains 10 millions de doses d’ici un mois, selon France Inter.

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