LA CAN 2021 POURRAIT ÉCHAPPER AU CAMEROUN

Courrier tunisien – 22 Janvier 2020 – 19:03 –
Après son dessaisissement pour l’organisation de la CAN 2019, la Coupe d’Afrique des nations de football en 2019, le Cameroun pourrait voir la CAN 2021 lui échapper.
Le manque des ressources financières constitue un frein aux travaux de finitions du stade d’Olembe qui va porter le nom du président de la République du Cameroun.
Afin de répondre à la demande expresse de Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football association (FIFA), le comité exécutif de la Confédération africaine de football, réuni à Yaoundé le 15 janvier 2020, a décidé d’avancer les dates de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2021, qui doit se dérouler au Cameroun.
Cette décision est appelée à faire des vagues, pas uniquement dans certaines équipes européennes privées de leurs joueurs, mais aussi dans les milieux politiques camerounais. Cette CAN va-t-elle encore échapper au Cameroun ?
Des retards à répétition
Président de la Confédération africaine de football depuis 2017, le Malgache Ahmad Ahmad, n’ a jamais été très apprécié au Cameroun.  C’est qu’il n’a jamais été avare sur la mauvaise gouvernance de son inamovible prédécesseur, le Camerounais Issa Hayatou, qui a dirigé la Confédération africaine de football durant près de 30 ans. Ses critiques ont inévitablement rejailli sur l’exécutif camerounais qui a peu apprécié cette ingérence. N’oublions pas que le football et l’équipe nationale, « les Lions indomptables », sont au Cameroun, à la fois, un sujet de controverse permanent mais aussi un domaine où le sentiment national est largement partagé.

Bien avant sa réélection en 2018, Paul Biya s’était investi personnellement pour l’organisation de la CAN de 2019. En raison des retards accumulés dans la livraison des infrastructures, le Cameroun fut l’objet d’un dessaisissement au profit de l’Égypte. Ce fut pour Paul Biya et son pays un retentissant échec. Toutefois une nouvelle chance avait été donnée au Cameroun pour l’organisation de la CAN suivante, prévue initialement en juin et juillet 2021 et qui est désormais fixée mi-Janvier- mi-février 2021.
On peut se demander si cette nouvelle échéance est encore compatible avec les retards qui demeurent dans la construction des infrastructures prévues au cahier des charges.
Un contexte politique préoccupant
Outre les inquiétudes précitées, il y a aussi la situation politique du pays qui tarde à évoluer favorablement. L’organisation du Championnat d’Afrique des nations de football (CHAN), à ne pas confondre avec la Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui est réservé exclusivement aux joueurs se produisant dans les championnats africains, est prévue au Cameroun du 4 avril 2020 au 25 avril 2020. Cette compétition permettra de vérifier le professionnalisme des organisateurs et surtout le bon déroulement de cette compétition notamment dans les villes de Buea et de Limbé, situées en région anglophone.
Le cauchemar du complexe d’Olembe
Les inspections de la CAF concernant la construction des infrastructures dédiées à la CAN et notamment celles du nouveau complexe sportif du stade Olembe de Yaoundé ne sont pas rassurantes. En septembre 2019, l’entreprise italienne Gruppo Piccini chargée des travaux rappelait ses difficultés, qui tenaient, selon elle, surtout à l’environnement économique et financier du Cameroun. Le marché public lui avait été attribué en 2015. Comme en 2019, l’entreprise italienne risquait de ne pas livrer à temps ce complexe sportif d’Olembe auquel Paul Biya tient tant car il portera son nom. Le marché public avec Gruppo Piccini fut donc résilié, illico presto, le 29 novembre 2019 pour être confié à l’ entreprise canadienne Magil.
Le budget initialement prévu de 163 milliards de Fcfa ( 248 millions euros) sera largement dépassé et devrait atteindre, in fine, pas loin de 215 milliards de FCFA (328 millions euros). Pour un stade de 60 000 places, le coût total constituera le record mondial. Et en plus sera t-il prêt pour la CAN 2021 ?
Vers un nouveau dessaisissement? 
L’ entreprise Magil se trouve devant un défi majeur car la CAN est désormais programmée cinq mois avant son échéance initiale. La CAN 2021 se déroulera donc dans 12 mois. Les règlements de la CAF exige la livraison des infrastructures un an avant la compétition. Même en étant magnanime, il faudra, en dernier ressort, que le complexe d’Olembe soit opérationnel fin juillet 2020. On peut se demander si cela est encore possible. Evidemment Paul Biya ne pourrait pas supporter un second échec et encore moins les supporters des Lions indomptables. Ce serait un autre problème politique  à gérer pour le  » Sphinx ». Peut être un de trop.
Très discrètement un plan B est étudié à la CAF. L’ Algérie, vainqueur de la CAN 2019, était intéressée. Mais la décision de la CAF de réunir son comité exécutif, le 8 février 2020, à Laâyoune (Sahara occidental) entraînera son boycott de la réunion et donc la fin de ses espoirs pour la CAN 2021, selon Mondafrique.

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